Sorare doit prouver que ce n’est pas un site de pari en ligne à l’ANJ

/
sorare

La startup française Sorare est l’une des entreprises les plus prometteuses de France avec une valorisation à 4,6 milliards de dollars. Les régulateurs estiment que ses activités sont à certains égards confondues avec les paris sportifs. Sorare va devoir prouver que ce n’est pas le cas avant l’automne. Dans le cas contraire, elle devra se plier à la réglementation stricte des plateformes de paris sportifs, ce qui pourrait bouleverser son modèle jusqu’ici florissant et très rentable.

Éviter la législation des paris sportifs

La société française lancée en 2019 et valorisée 4,6 milliards de dollars (4,2 milliards d’euros) est sous le feu des projecteurs de l’Autorité nationale des jeux (ANJ), qui vise à caractériser un nouveau genre de jeu en ligne.

Sur la plateforme, les joueurs peuvent mettre aux enchères des cartes virtuelles sous forme de NFT (tokens non fongibles, actifs numériques uniques échangés en ligne) correspondant à des sportifs, dont la valeur évolue en fonction de leurs performances dans la vie réelle. Les achats peuvent être effectués avec des crypto-monnaies, en particulier l’éther.

Sorare emploie actuellement une centaine de salariés et 137 000 joueurs dans le monde avec au moins un NFT, et elle entretient des liens forts avec le monde du sport : en témoignent ses collaborations avec L’Equipe ou avec des stars comme Kylian Mbappé ou Zinédine Zidane, ainsi que la construction d’une communauté très active de parieurs poker ou sportifs.

C’est dans ce contexte que les dirigeants de Sorare doivent rencontrer les agents de l’ANJ en septembre. Le co-fondateur Nicolas Julia estime que s’il ne fait aucun doute qu’une surveillance des activités de son entreprise est requise, les règles à suivre ne doivent pas être celles liées aux paris sportifs.

Logique : voir Sorare tomber sous le coup de cette législation perturberait grandement son développement, obligeant la plateforme à faire plus de contrôles et de vérifications. En conséquence, l’entreprise n’aurait d’autre choix que de demander l’approbation de l’ANJ pour vérifier l’identité et l’âge des utilisateurs, prévenir la dépendance et payer plus d’impôts.

L’ANJ remet en cause le modèle de spéculation

Le code de sécurité intérieur considère le jeu comme ayant toutes les caractéristiques similaires aux règles et au jeu de paris sportifs. Bien que Sorare soit un nouveau modèle unique, utilisant une nouvelle technologie, il entre dans la catégorie des jeux de hasard selon le Code de sécurité interne.

Les utilisateurs achètent des cartes de football en fonction des performances réelles du joueur représenté sur la carte. Les cartes peuvent augmenter ou diminuer en valeur, selon les performances des joueurs. Les utilisateurs peuvent ensuite vendre leurs cartes, comme nous l’avons fait avec les cartes Pokémon et les autocollants Panini, en espérant tirer un profit de l’achat de leur carte.

L’Autorité nationale du jeu (ANJ) a des soupçons sur Sorare car elle pense qu’il pourrait s’agir d’un site de paris sportifs. Si la société n’est pas en mesure de convaincre l’ANJ qu’elle n’est pas une société de paris sportifs, alors elle devra se soumettre à une réglementation stricte comme Winamax, Unibet et Betclic.

Sorare devra mettre en place des contrôles d’identité de ses utilisateurs, sur l’argent circulant dans son système et faire face à une fiscalité plus importante. L’application devra s’assurer que les mineurs n’ont pas accès au jeu, ce qui représente une grande partie de son public.

Le modèle de Sorare a connu un succès vertigineux jusqu’à présent, revendiquant plus de 1,8 million d’utilisateurs, une entreprise lucrative (rare dans le monde des startups) depuis juin. Le jeu, qui a remporté un énorme succès en moins de trois ans, a été lancée en 2019, attirant de nombreux investisseurs. Sur sa liste : la plus grosse levée de fonds jamais réalisée en France avec 680 millions de dollars.

Précédent

L’échec de Meta dans le métaverse vu par Vitalik Buterin

Suivant

L’opposition veut relancer le débat sur la taxe des “superprofits”

Derniers articles de Crypto