La stratégie fiscale d’Amazon fait polémique sur Instagram

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Le défi d’Amazon Prime Video de définir une nouvelle “bio” sur son compte Instagram n’a pas produit l’effet escompté. Des centaines d’internautes lui ont rappelé ses pratiques d’optimisation fiscale. Le community manager de Prime Video doit avoir des sueurs froides. Tour d’horizon sur ce scandale autour d’Amazon.

Amazon, placé au cœur d’un scandale sur Instagram

Le 29 décembre, la plateforme vidéo d’Amazon a posté ce message sur Instagram : “Le meilleur commentaire sur ce post deviendra notre nouvelle bio”, il s’agit d’une une courte description en haut du compte. Ce n’est pas la sagesse de centaines d’internautes, qui ont éludé le défi et ont massivement commenté : « Nous promettons de payer des impôts en France”.

Le géant du e-commerce est soupçonné de dissimuler une partie de ses revenus et de frauder l’administration fiscale. Dans les premières heures, la plupart des internautes ont fait diverses suggestions, n’évoquant pas forcément les enjeux fiscaux d’Amazon. Mais il suffit du commentaire d’un seul instagrameur « On promet qu’on paiera des impôts en France » pour que le mouvement puisse prendre forme.

Un commentaire supprimé à l’origine

Le community manager a ensuite eu la pire des réactions en supprimant le commentaire en question, ce qui a eu pour effet d’enflammer la communauté et que des centaines de commentaires et de « likes » apparaissent sur les réseaux sociaux.

En réponse, Amazon a tant bien que mal tenté de stopper l’hémorragie en épinglant des commentaires plus favorables mais la machine était lancée.

Afin d’étouffer cette vague de commentaires, Amazon Prime a choisi d’épingler, pour mieux le mettre en valeur, le commentaire choisi “Daddy’s Home” (“La maison de papa” en français).

La réponse a été encore plus forte : le nombre de commentaires sur l’optimisation fiscale du géant américain a doublé. Le géant du e-commerce est soupçonné de dissimuler une partie de ses revenus et d’échapper à certains impôts.

La fiscalité et Amazon : un sujet tabou depuis de nombreuses années

En tant que concurrent de Netflix et Disney, la plateforme Prime Video appartient à Amazon. Le géant de la distribution en ligne est souvent critiqué pour ses pratiques d’optimisation fiscale et les faibles impôts payés en France.

En mai 2021, le “Guardian” britannique révélait que même si le chiffre d’affaires était d’environ 44 milliards d’euros, Amazon ne payait pas d’impôt sur le revenu en Europe. La société luxembourgeoise a même bénéficié d’un crédit d’impôt de 56 millions d’euros après avoir annoncé une perte financière.

Malgré un chiffre d’affaires de 44 milliards d’euros, Amazon EU SARL, la branche du géant américain du e-commerce en charge des activités européennes, n’a pas payé d’impôt sur les sociétés pour l’exercice 2020. La société enregistrée au Luxembourg a même annoncé une perte de 1,2 milliard d’euros, ce qui lui a permis d’échapper à l’administration fiscale.

Les succursales de la société au Royaume-Uni, en France, en Italie, en Allemagne, en Pologne, aux Pays-Bas, en Suède et en Espagne qui ont géré les ventes ont même reçu un prêt de 56 millions d’euros, qui peut être déduit des futurs bénéfices imposables.

En novembre 2021, l’entreprise a annoncé qu’elle paiera plus de 600 millions d’euros d’impôts en France par rapport à l’exercice 2020 et pour un chiffre d’affaires réalisé de 7,3 milliards d’euros. En 2018, elle avait payé 250 millions d’euros, et en 2019 ses impôts étaient de 420 millions d’euros. C’est la troisième fois que la multinationale communique sur ses impôts.

Amazon, souvent accusé de réduire ses impôts

Comme d’autres multinationales américaines telles que Google, Apple et Facebook, Amazon est souvent accusé de réduire ses impôts. Globalement, sur les 600 millions d’euros payés, environ 310 millions sont des prélèvements directs (impôt sur les sociétés, cotisations patronales ou impôts locaux), et le reste correspond à des impôts tels que la taxe sur la valeur ajoutée ou les cotisations sociales.

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