Les taux des crédits immobiliers dépassent les 2% en moyenne

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Les taux des crédits immobiliers en France se sont établis en moyenne à 2,05% en octobre, le plus haut niveau depuis près de sept ans, selon un tableau de bord de l’Observatoire Crédit Logement/CSA publié jeudi. En décembre l’an dernier, le taux moyen était presque deux fois plus bas à 1,06 %.

Les taux au plus haut depuis 2016

En octobre 2022, le taux moyen a de nouveau bondi à 2,05 % (1,88 % en septembre). L’évolution a été comparable à celle observée en juillet suite à une revalorisation des taux d’usure qui a donné plus de marge de manœuvre aux banques.

Une hausse rapide du taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) a poussé les prix de l’immobilier français à des niveaux jamais vus depuis sept ans. Le taux moyen des crédits immobiliers en France en octobre était de 2,05 %, selon le tableau de bord de l’Observatoire Crédit Logement/CSA.

Un niveau, encore très bas, mais au plus haut depuis février 2016, où les taux s’établissaient en moyenne à 2,07 %. Dans le détail, les taux d’intérêt des prêts ont tous augmenté, quelle que soit leur durée au moment de l’octroi. Le mois dernier, ils étaient en moyenne de 1,92 % sur 15 ans, 2,06 % sur 20 ans et 2,17 % sur 25 ans.

La durée moyenne des crédits immobiliers est passée à 244 mois. L’allongement des durées de prêt n’est plus une solution adéquate pour compenser la hausse des prix de l’immobilier et la hausse continue des taux d’intérêt depuis décembre 2021.

Cette croissance est très rapide. En décembre, le taux moyen était presque deux fois plus bas à 1,06 %. Les taux d’intérêt moyens des nouveaux crédits immobiliers sont également suivis de près par la Banque de France.

Malgré la hausse du taux d’usure, le marché ne rebondit pas

La Banque de France est en première ligne car elle est chargée de calculer le taux d’intérêt le plus élevé appliqué par les banques : le taux d’usure. Actuellement, il se trouve à 3,05 % d’intérêt sur les prêts de 20 ans ou plus, tous frais compris, à compter du 1er octobre.

Ces taux plafonnés ont été critiqués, en particulier les courtiers qui les considèrent comme un obstacle à l’obtention d’un crédit immobilier. L’un de leurs syndicats a même manifesté devant le siège de la Banque de France à Paris le 20 septembre, exigeant qu’il fasse un geste.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la revalorisation des taux d’usure n’a pas suffi à relancer l’activité immobilière : le nombre de prêts émis entre août 2022 et octobre 2022 a baissé de 34,3 % par rapport à 2021.

La génération de crédits a suivi une tendance similaire, en baisse de 32,1 % sur la même période. Une explication possible de la baisse, l’inflation et la guerre en Ukraine ont affecté le moral des familles, qui sont moins disposées à acheter.

Les taux d’intérêts moyens ont augmenté en octobre au même rythme qu’en juillet, après une forte appréciation des taux d’usure au quatrième trimestre. Cependant, la détérioration de la rentabilité des nouveaux prêts s’est accentuée.

Cela était déjà évident lors de la principale hausse du taux de refinancement de la BCE fin juillet, la hausse supplémentaire à la mi-septembre a encore nui à la rentabilité. De ce fait, la nouvelle production de crédit dont le dynamisme a changé (affaiblissement de la demande, contraction de l’offre) ne peut pas vraiment rebondir.

La hausse devrait se poursuivre

La hausse des taux devrait se poursuivre alors que la Banque centrale européenne entend poursuivre sa politique de resserrement monétaire pour lutter contre l’inflation qui a frôlé les 10 % en septembre.

Comme d’autres banques centrales, la BCE prend des mesures pour freiner la demande en augmentant le coût du crédit pour les ménages et les entreprises. En fait, les hausses de taux visent à ralentir la consommation en augmentant les taux d’intérêt sur les prêts, qu’il s’agisse de prêts immobiliers, de prêts étudiants ou de prêts à la consommation.

C’est un choix délicat en période de ralentissement économique, mais les gardiens de l’euro affirment que laisser les prix augmenter serait plus dommageable que de resserrer les conditions de financement. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a averti que la BCE avait augmenté de 2,0 % depuis juillet et qu’elle augmenterait encore.

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