La tech européenne en difficulté au second semestre 2022, ça ira mieux en 2023 ?

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Selon le rapport d’Atomico sur l’état de la tech en Europe, l’écosystème européen a perdu 400 milliards de dollars en valeur en 2022. Les analystes soulignent les “temps changeants” du capital-risque, mais ils sont optimistes. Pour eux, la tech européenne a démontré sa résilience et atteint un nouveau niveau de sophistication.

La tech européenne marque le pas cette année

L’Europe n’a pas été épargnée par la vague de froid qui a frappé les valeurs technologiques mondiales. En témoigne le rapport “State of Tech in Europe” du fonds britannique Atomico publié mercredi 7 décembre, qui recense les données de 41 pays.

La collecte de fonds sur le Vieux Continent a atteint 85 milliards de dollars (81 milliards d’euros) cette année, soit une baisse de 18 % par rapport à 2021, lorsque les investissements avaient atteint un record de 104 milliards de dollars.

Inflation élevée, taux d’intérêt en hausse, guerre en Ukraine… les facteurs qui pourraient expliquer les mauvais chiffres technologiques de l’Europe pour 2022 ne manquent pas.

La valeur des entreprises du secteur a chuté de 400 milliards de dollars depuis fin 2021 à 2 700 milliards de dollars d’ici 2022, l’industrie a supprimé 14 000 emplois et injecté 85 milliards de dollars dans les start-up du continent, soit une baisse de 18 % par rapport à l’année précédente.

Les offres publiques initiales (introduction en bourse) se sont également effondrées. Seules 22 entreprises technologiques s’y sont aventurées jusqu’à présent en 2022, contre 143 en 2021.

Dans ce contexte, il n’y a eu que 31 nouvelles licornes (entreprises valorisées à plus d’un milliard de dollars) en Europe en 2022, contre 105 il y a un an.

Alors que le Royaume-Uni reste le marché européen le plus attractif, avec 29 % des investissements européens concentrés, la France occupe solidement la deuxième place (19 %), devant l’Allemagne (16 %).

Une année 2021 exceptionnelle

Inquiétant à première vue, ces chiffres sont à relativiser. 2021 était une année record pour la technologie en Europe, et de manière tout à fait unique. Alan, Algolia, Swile, Lydia… Rien qu’en France, le nombre de startups licornes valorisées à plus d’un milliard de dollars a explosé. A travers le continent, plus d’une centaine ont fait leur apparition.

Cette dynamique s’est poursuivie jusqu’au début de 2022. Le niveau d’investissement au premier trimestre était supérieur de 52 % à celui de 2021. Les nouvelles licornes françaises en ont profité, BackMarket, Spendesk… le ralentissement a effectivement commencé en juillet et s’est finalement confirmé à l’été. Au troisième trimestre 2022, le niveau d’investissement est inférieur de 40 % à celui de 2021.

Compte tenu du caractère exceptionnel de l’année précédente, le ralentissement des investissements des entreprises technologiques européennes semble moins sévère. Les 85 milliards de dollars injectés dans l’industrie sont tout de même une performance par rapport aux autres années.

Les sociétés de capital-risque américaines, qui ont afflué sur le marché en 2021, sont désormais plus prudentes. Ils ont participé à 22 % de cascades de 100 millions de dollars en moins. De plus, il n’y a eu que 3 introductions en bourse supérieures à 1 milliard de dollars en 2022, contre 86 en 2021.

Les licenciements en 2022 ne représentent que 7 % des licenciements mondiaux dans le secteur de la technologie, en particulier chez les géants américains.

Pour 2023, les auteurs du rapport n’excluent pas un retour aux gros financements et introductions en bourse, mais tablent sur le second semestre.

“L’importance de la technologie comme moteur de croissance n’a pas changé, elle est toujours perçue comme faisant partie de la solution aux tendances macroéconomiques. Même si l’investissement continue de baisser en 2023, nous serons toujours au-dessus des niveaux de 2020”, prédit Sarah Guemouri.

Paradoxalement, ce ralentissement de l’activité signifie que les réserves des fonds européens n’ont jamais été aussi importantes, avec 44 milliards de dollars restant à tirer.

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