Crédit immobilier : des taux à plus de 3% en 2023 ?

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Désormais c’est devenu un véritable problème pour certains emprunteurs : les taux d’intérêts augmentent inexorablement depuis le mois de juillet cette année. Mais cette envolée des taux va-t-elle s’arrêter ou faut-il acheter dès maintenant pour profiter de taux encore relativement bas ? Éléments de réponse dans cet article.

Les taux dépassent déjà les 2%

Après avoir passé près d’une décennie à un taux d’intérêts moyen inférieur à 2%, cette barre à de nouveau été franchie en octobre 2022 avec un taux d’intérêt moyen de 2,05%, c’est la première fois depuis l’année 2016.

Dans le détails, les taux d’intérêts au mois d’octobre s’établissait à :

  • 2,10% sur 25 ans ;
  • 2% sur 20 ans ;
  • 1,95% sur 15 ans ;
  • 1,80% sur 10 ans.

Aux États-Unis, les taux d’intérêt des prêts immobiliers ont dépassé 7 %. Le taux d’intérêt moyen du prêt à taux fixe sur 30 ans, le plus populaire outre-Atlantique, est désormais de 7,08%, selon les données publiées le 27 octobre par le groupe de refinancement immobilier Freddie Mac. Il y a un an, ce taux était en moyenne de 3 %.

Alors pouvons-nous espérer une baisse de ces taux en 2023 ? La réponse est non, bien qu’elle ne soit pas définitive. En effet, ce sont les taux directeurs qui définissent les taux d’intérêts appliqués par les banques aux consommateurs. Les taux directeurs des banques centrales définissent le taux minimal auquel les banques sont en droit de s’échanger des liquidités. Pour être rentables, les banques prêtent ensuite cet argent à un taux supérieur à celui du taux directeur.

Or, ces taux directeurs sont l’arme principale des banques centrales pour lutter contre l’inflation. L’inflation atteignant des records, la Réserve Fédérale, tout comme la banque centrale, applique des hausses de taux brutales et agressives ces derniers mois.

En effet, la Fed a procédé à 4 hausses de taux de 0,75 point de base, la BCE de son côté en est à 3 hausses consécutives. En Europe, le taux directeur affiche désormais 1,50%. L’objectif annoncé est de réduire coûte que coûte l’inflation à 2%, elle qui affiche plus de 10% dans la zone euro.

Les taux d’intérêts supérieurs à 3% dès janvier 2023 ?

La hausse des taux directeurs des banques centrales est donc conditionnée par l’inflation. En réduisant la demande, un pression à la baisse devrait s’exercer sur les prix, or avec les fêtes de fin d’année, ce n’est pas la période la plus propice à une baisse de la consommation.

De ce fait, en attendant les chiffres de la fin d’année 2022 et du début d’année 2023, nous pouvons encore nous attendre à des hausses de taux directeurs. Si ces hausses se confirment, il y a peu de chance de voir les taux d’intérêts proposés par les banques se réduire.

D’autant que le taux d’usure joue le rôle de tampon. En effet, le taux d’usure est le taux maximum auquel les banques françaises peuvent prêter de l’argent aux emprunteurs (taux TAEG), actuellement il s’élève à 3,05%. En conséquence les banques ne peuvent pas appliquer un taux (hors frais d’assurance et dossier) supérieur à 2,50% sous peine d’être en situation irrégulière.

Ainsi de nombreuses banques refusent de valider de nombreux dossiers de crédit, préférant attendre que le taux d’usure soit relevé (celui-ci est révisé tous les trois mois). Le taux d’usure est calculé selon une formule toute simple : la moyenne des taux appliqués par les banques lors des trois mois précédents majorés d’un tiers. Lorsque le taux d’usure sera fixé au 1er janvier 2023, nul doute que celui-ci sera relevé.

En conséquence, cela débloquera de nombreux dossiers de crédits mais les banques pourront appliquer un taux supérieur provoquant une hausse de la moyenne. Dès janvier 2023, les taux d’intérêts vont se situer en moyenne entre 3,40% et 3,60%. Ce cercle s’appliquera tant que les banques centrales relèveront leur taux, autrement dit tant que l’inflation ne sera pas à 2%.

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