Il arrive assez frĂ©quemment que des emprunteurs souhaitent contracter un nouveau prĂȘt assorti d’une prise de garantie hypothĂ©caire , mais avec un bien dont les murs appartiennent Ă une SCI : cette derniĂšre peut-elle alors ĂȘtre co-emprunteur ?
Un nombre non nĂ©gligeable de foyers français ont constituĂ© une SociĂ©tĂ© Civile ImmobiliĂšre (SCI) familiale dans la mesure oĂč Monsieur et Madame en sont les co-actionnaires qui est propriĂ©taire de la rĂ©sidence principale. En tant que personne morale, la SCI a donc contractĂ© un prĂȘt qui est remboursĂ© par le loyer qui est versĂ© tous les mois par les actionnaires s’ils habitent les murs de la SCI ou par le ou les locataires si la SCI fait l’objet d’un usage locatif. Il s’agit ici d’un montage classique.
Mais imaginons que les co-actionnaires aient besoin de faire un prĂȘt important, donc assorti d’une garantie hypothĂ©caire, nĂ©cessitant l’intervention de la SCI. Celle-ci peut-elle ĂȘtre co-emprunteur ou au moins caution hypothĂ©caire dans une opĂ©ration de regroupement de prets par exemple. La rĂ©ponse est Ă la fois oui et non..En principe, une personne morale ne peut se porter caution ou co-emprunteur sous quelque forme que ce soit dans une opĂ©ration concernant des personnes physiques. Il s’agit d’un cas de contournement, voire de dĂ©tournement de l’objet social de la SCI en question.
MalgrĂ© tout, le cas de figure de SCI familiales et patrimoniales permettent une telle articulation. Il faut impĂ©rativement que les co-actionnaires soient par ailleurs les co-emprunteurs du crĂ©dit sollicitĂ© incluant s’il existe l’encours immobilier au nom de la SCI. Il convient alors de modifier les statuts de la SCI lors de deux assemblĂ©es extraordinaires et de les faire publier au Journal Officiel. C’est dans cette seule perspective qu’une SCI peut ĂȘtre co-emprunteur ou caution hypothĂ©caire d’un prĂȘt lui-mĂȘme hypothĂ©caire.