L’apport personnel moyen lors d’une demande de prĂªt immobilier a augmentĂ© de 25% en un an. Il est de plus en plus important, mais reprĂ©sente aussi une part plus importante des fonds demandĂ©s.
La part de l’apport personnel passe à 18% du montant emprunté
Le montant national moyen de l’apport nĂ©cessaire Ă un crĂ©dit immobilier est passĂ© de 48 000 euros l’an dernier Ă 60 000 euros aujourd’hui, soit une augmentation de 25 % sur 1 an.
La croissance est clairement liĂ©e Ă la hausse globale des prix de l’immobilier, mais pas seulement. On voit qu’en passant de 16% Ă 18% cette annĂ©e, le poids de l’apport augmente aussi. Preuve que les banques prennent de plus en plus de prĂ©cautions. Encore une fois, ce sont des donnĂ©es sur les tendances nationales.
Dans le détail, l’apport personnel nécessaire le plus élevé et le plus lourd est à Paris. L’apport approche désormais les 150 000 €, soit plus de 27 % de l’emprunt moyen pour acheter un logement dans la capitale, soit 555 000 euros.
Dans ce que Cafpi appelle la rĂ©gion Sud-Est MĂ©diterranĂ©e, qui comprend la majeure partie de la cĂ´te mĂ©diterranĂ©enne, la contribution des particuliers se situe en moyenne autour de 80 000 €, soit 25 000 € de plus qu’il y a un an.
A l’inverse, dans certaines rĂ©gions les banques sont moins exigeantes. La rĂ©gion oĂ¹ les apports individuels reprĂ©sentent une part moindre des projets immobiliers est celle des Hauts-de-France. Une moyenne de 33 000 €, soit « seulement » 13% du montant que vous souhaitez emprunter.
A noter Ă©galement que la rĂ©gion Occitanie est l’une des rares rĂ©gions Ă connaĂ®tre une lĂ©gère baisse des apports sur une annĂ©e. Mais nous sommes encore proches des 50 000 euros par emprunt.
La fin des crédits sans apport
Les banques prennent dĂ©sormais plus de prĂ©cautions. Toute l’épargne des emprunteurs ne doit pas Ăªtre utilisĂ©e pour effectuer cet apport. Après avoir obtenu le prĂªt, la banque exige une Ă©pargne de prĂ©caution, suffisante pour couvrir les dĂ©penses imprĂ©vues. Les fonds peuvent Ăªtre utilisĂ©s Ă la fois pour des rĂ©novations et pour faire face Ă la hausse des prix de l’Ă©nergie, comme le carburant.
« Les banques recherchent des profils à hauts revenus et en capacité de conserver une épargne après projet », explique un expert. Le taux de crédit moyen sur 20 ans est passé à 1,88% en septembre contre 1,45% en avril, selon le courtier Meilleurtaux.
Le pouvoir d’achat des mĂ©nages Ă©tant sous pression en raison de la forte hausse des coĂ»ts de l’Ă©nergie et du carburant, les banques doivent tenir compte de ces facteurs avant de proposer des financements Ă long terme. On parle d’une mensualitĂ© minimum de 6 mois, mĂªme si ce niveau est Ă la discrĂ©tion de chaque Ă©tablissement.
Pour rappel, les apports personnels, mĂªme l’Ă©pargne de prĂ©caution, ne sont soumis Ă aucune obligation rĂ©glementaire. Avant l’entrĂ©e en vigueur des critères d’octroi des prĂªts immobiliers dĂ©but 2020, il Ă©tait courant d’obtenir des prĂªts immobiliers sans apport, notamment pour les investissements locatifs.
Le durcissement des conditions d’octroi depuis plus de deux ans a recentrĂ© le crĂ©dit immobilier sur les meilleurs dossiers d’emprunteurs. Aujourd’hui, plus que jamais, les banques se concentrent sur les mĂ©nages Ă revenu Ă©levĂ© qui ont la capacitĂ© d’accumuler des Ă©conomies après la mise en Å“uvre de leur projet.
Les exigences bancaires en matière de contributions personnelles et d’Ă©pargne de prĂ©caution s’ajoutent aux autres obstacles que les candidats Ă l’achat d’un bien immobilier doivent surmonter, comme la pĂ©nurie de bien, le taux d’usure ou encore les DPE.
