Les maison phénix vont-elles disparaître ?

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maison phenix

Les administrateurs judiciaires ont fixé au 10 juin la date limite pour soumettre toute offre publique d’achat à Geoxia. La Maison Phénix de l’entreprise est un symbole d’accès à la propriété pour les familles modestes, et sa direction s’inquiète de l’absence de solution globale de relance.

Essayer de vendre l’entreprise d’ici l’été

Son ambition était de simplifier l’accès à la propriété au plus grand nombre. En 1946, Maisons Phénix révolutionne le marché de l’habitation en proposant des modèles standardisés en acier et en béton de maisons individuelles, grâce à un procédé mis au point par la Federation of British Industries.

A l’époque, la marque vise à promouvoir la reconstruction de la France d’après-guerre avec un concept innovant : construire des maisons rapides et bon marché, dont les éléments sont produits en usine puis assemblés dans des lieux choisis.

Dans les années 1960, le temps de fabrication des éléments d’une maison de 80 mètres carrés a été divisé par deux. De nombreux bourgeois français ont ainsi pu acquérir un bien immobilier en achetant l’un des 450 000 Pavillons Phénix vendus en 76 ans.

Mais depuis le 24 mai 2022, Geoxia et ses 1 150 salariés attendent une décision fatidique. L’entreprise, née en 1946 autour de la marque Phénix, qui commercialise également des Maisons Familiales et Castor, a été reprise par le Tribunal de Commerce de Nanterre le 24 mai 2022. Les autorités judiciaires ont fixé au 10 juin la date limite pour déposer une offre publique d’achat.

Au 24 mai, environ 1 600 chantiers étaient en cours et avaient été suspendus ou ralentis. Geoxia a désormais plusieurs scénarios possibles : reprise globale, ventes par unité de business, par exemple, trois usines de fabrication de panneaux béton et de charpente métallique autorisées à construire des maisons Phoenix, ou, dernière option, pas d’offre du tout.

La société espère que la notoriété de sa marque lui permettra de recevoir une offre publique d’achat. “Les cadres judiciaires poursuivent leur recherche d’un repreneur entamée il y a plusieurs mois. L’objectif est de vendre l’entreprise d’ici l’été”, précisant dans le communiqué que le groupe “a manifesté son intérêt”. La date de remise des offres est fixée au vendredi 10 juin 2022 à 18h.

L’entreprise rachetée par son concurrent ?

Geoxia et sa Maison Phenix sont à l’origine de la standardisation et de la vulgarisation de la construction de logements. Depuis l’après-guerre, la marque est devenue un symbole de l’acquisition de biens par les familles modestes.

Mais certains s’interrogent : l’entreprise est-elle allée trop loin dans sa volonté d’industrialiser l’artisanat ? Aujourd’hui, en tout cas, Geoxia s’interroge sur la hausse du coût des matériaux, la pandémie de Covid-19 et la lutte contre les sols artificiels.

Leader incontesté du marché dans les années 2000, l’entreprise a perdu d’importante part de son marché et ses talents lors de son rachat par un fonds d’investissement à la fin des années 2000.

Au profit de la maison France Confort devenue Hexaom. « Ils ont réussi à trouver un équilibre entre artisanat et industrialisation », explique un observateur du marché, qui ne serait pas surpris que le nouveau leader veuille racheter tout ou partie du leader d’hier.

Contrairement à ses concurrents, qui utilisent généralement des sous-traitants pour faire le travail, le modèle de Geoxia – avec ses propres usines et travailleurs – impose d’énormes coûts fixes.

En 2009, celui qui était alors leader de la construction de maisons indépendantes en France, employait 3 000 personnes et réalisait un chiffre d’affaires de 700 millions d’euros, mais avait déjà dû se restructurer après avoir fait appel à un fonds d’investissement.

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