HSBC vend ses activités au Canada pour 10 milliards de dollars

/
banque HSBC
Banque HSBC - ©Shawn Ang, Unsplash Creative Commons

Le géant bancaire sino-britannique continue de se recentrer sur l’Asie en vendant sa filiale au champion domestique Royal Bank of Canada. HSBC a déjà vendu l’année dernière ses activités de banque de détail aux États-Unis et en France.

Plus de 5 milliards de dollars de plus value

HSBC continue de se désengager de l’Ouest. Le géant sino-britannique quitte le Canada un an après avoir annoncé sa sortie de la banque de détail aux États-Unis et en France.

La banque a vendu toutes ses opérations bancaires locales à la Royal Bank of Canada (RBC) pour 13,5 milliards de dollars canadiens (ou 10 milliards de dollars). Au total, l’opération a permis à HSBC de réaliser une plus-value avant impôt estimée à 5,7 milliards de dollars.

HSBC avait indiqué début octobre qu’elle examinait une vente de son activité canadienne, parmi d’autres options stratégiques pour la filiale. “Nous avons décidé de vendre après avoir évalué la position relative de l’entreprise sur le marché canadien et son adéquation stratégique avec le portefeuille de HSBC”, a déclaré mardi le directeur général de HSBC, Noel Quinn, dans un communiqué.

Un “examen approfondi” a mis en évidence la “part de marché relativement faible de HSBC Canada”, selon HSBC, qui a conclu que la “meilleure ligne de conduite” était de vendre la Banque HSBC Canada.

L’opération intervient alors que la banque britannique améliore ses performances sous l’impulsion de son principal actionnaire, le groupe financier chinois Ping An, qui cherche à se renforcer sur son marché clé, en Asie.

Parallèlement, l’entente permettra à la banque canadienne RBC de gagner des parts de marché sur son marché intérieur en acquérant 130 succursales et environ 780 000 clients, particuliers et entreprises.

Noel Quinn a ajouté que la vente générerait “une valeur ajoutée significative” et “libérerait des capitaux supplémentaires pour investir dans la croissance de notre cœur de métier” et verserait des redistributions aux actionnaires. L’annonce a fait grimper les actions HSBC de 4,75% à la Bourse de Londres.

Un recentrage des activités en Asie

Dans un communiqué séparé, le chef de la direction de Royal Bank of Canada, Dave McKay, a déclaré que l’acquisition “nous donne l’opportunité d’ajouter des clients corporatifs et individuels complémentaires sur les marchés que nous connaissons le mieux”.

L’entente « nous positionne également comme la banque de choix pour les clients d’affaires ayant des besoins internationaux, les nouveaux arrivants au Canada et les clients fortunés nécessitant des capacités bancaires mondiales (…) », a-t-il ajouté.

RBC reprendra également les actions privilégiées et les obligations de HSBC Canada pour un montant combiné de 2,1 milliards de dollars canadiens (1,5 milliard de dollars), a déclaré HSBC.

“La politique de HSBC est de se tourner vers l’Asie depuis un certain temps et la vente de l’activité canadienne est la dernière étape de cette évolution”, a déclaré à l’AFP l’analyste d’AJ Bell, Russ Mold.

“La pression de Ping An pourrait accélérer le changement, surtout si le conseil d’administration de HSBC continue de vouloir éviter une rupture complète”, a-t-il ajouté. La banque a déclaré qu’elle investirait 6 milliards de dollars à Hong Kong, en Chine et à Singapour et embaucherait plus de 5 000 conseillers en gestion de patrimoine, tout en supprimant 35 000 emplois et en réduisant ses opérations de vente au détail aux États-Unis et en France.

La banque a annoncé début août que malgré une baisse du bénéfice avant impôts, le bénéfice net part du groupe a augmenté de 13,9% en glissement annuel au premier semestre, et a déclaré qu’elle avait l’intention de reprendre le paiement des dividendes trimestriels en 2023. Basé à Londres, avant la pandémie, HSBC tirait généralement jusqu’à 90 % de ses bénéfices de l’Asie.

En 2021, le Groupe a promis d’accélérer sa stratégie pluriannuelle de recentrage sur l’Asie et le Moyen-Orient, aspirant à devenir un leader sur le marché asiatique de la gestion de fortune.

Précédent

La moitié des logements sont des passoires thermiques dans les stations de ski

Suivant

“Bitcoin inutile et insignifiant”, la BCE enterre les cryptos !

Derniers articles de Banques