Immobilier : le calendrier de rénovation énergétique intenable selon la Fnaim

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passoire énergétique immeuble

La Fédération nationale des agents immobiliers affirme que les rénovations d’appartements prennent trop de temps à mettre en œuvre. Cela rend le calendrier imposé par le gouvernement difficile à tenir.

Trop de contraintes administratives, pas assez de main d’oeuvre

La Fnaim dénonce le calendrier de rénovation énergétique des habitations voulu par le gouvernement. Selon la fédération, les travaux de rénovation énergétique dans les passoires thermiques mettent trop de temps à être mis en place puis réalisés.

Pour l’organisation patronale de l’immobilier, le calendrier voulu par le gouvernement pour les rénovations d’appartements ne colle pas avec la réalité du terrain. La fédération a renouvelé son appel à la suspension de cette interdiction dès lors du lancement d’un programme de travaux dans un parc collectif.

« La temporalité de la politique publique n’est pas celle de la réalité de nos métiers et des syndics de copropriété en France. Il va falloir le comprendre ! », a affirmé Loïc Cantin, le nouveau président de la principale organisation patronale du secteur.

Les démarches pour mener à bien les travaux en copropriété sont nombreuses, ajoutant des délais importants entre le vote des travaux et leur lancement.

« En France, une simple intervention d’isolation thermique par l’extérieur, pour y parvenir, le délai moyen est de 18 mois », a déclaré Loïc Cantin, sur la base des retours des adhérents de la Fnaim.

Selon une enquête menée par la fédération en septembre dernier, dans plus de 40 % des cas, les emplois dépendent d’une décision d’assemblée générale sur la copropriété. Et, en général, la réalisation de travaux d’isolation nécessite une décision collective.

De plus,la FNAIM note une pénurie de professionnels qualifiés dans l’industrie de la construction pour expliquer ces retards prolongés.

« Vous le savez tous, le marché des prestataires dans le bâtiment est un marché encombré. Quel Français n’a pas connu de difficultés pour trouver un couvreur, un maçon, un plombier, un électricien ? », interroge Loïc Cantin.

Dans ce contexte, le calendrier d’interdiction progressive des logements énergivores est « intenable », a-t-il insisté, faisant écho aux doléances que la Fnaim n’a cessé de soulever.

Rappel du calendrier

Depuis le 1er janvier, les maisons ou appartement dont la consommation d’électricité est supérieure à 450 watts par mètre carré et par an ne peuvent plus être loués .

Cette interdiction est mise en place dans le cadre de la Loi Pacte pour inciter les propriétaires à réduire la consommation d’énergie du parc immobilier français en faisant des travaux de rénovation énergétique.

Pour la suite du calendrier, au moment du DPE (Diagnostic de performance énergétique) tous les logements avec une étiquette de performance énergétique G suivront en 2025. Ensuite ce sera au tour des logements classés F en 2028 puis E en 2034.

Mais Loïc Cantin a assuré que ce calendrier n’est pas cohérent pour les copropriétés qui ne peuvent engager de travaux de rénovation sans passer par de longues démarches administratives.

Établir une nouvelle règle de suspension

Depuis le 1er janvier, les copropriétés de plus de 200 lots dans des immeubles de plus de 15 ans sont tenues d’établir un projet de plan de travaux pluriannuel. Cette obligation sera progressivement étendue aux plus petits appartements d’ici 2025.

Pour la Fnaim les délais sont trop courts. La fédération réclame une suspension de l’interdiction de location dès lors qu’un plan de travaux est établi.

Selon les données de janvier 2022 de l’Observatoire national de la rénovation énergétique, la France compte 5,2 millions de passoires énergétiques (classes de produits F et G) parmi les 30 millions de résidences principales, soit 17% du parc immobilier. C’est bien plus que la précédente estimation (4,8 %) en 2018.

Le calcul du diagnostic de performance énergétique a évolué en 2021 pour prendre désormais en compte les consommations d’énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre du logement.

Le pourcentage de passoires énergétiques est plus élevé dans les résidences secondaires (32 %, soit 1,2 million de logements) et les logements vacants (27 %, soit 0,8 million de logements).

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