La banque en ligne ING Direct ferme 300 000 comptes français

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C’est la fin de la première banque 100 % en ligne créée il y a 20 ans. L’entreprise néerlandaise a annoncé, il y a quelques semaines, la fin de ses activités de banque en ligne en France. Les comptes bancaires de 300 000 clients de la succursale française de la banque en ligne ING ont été supprimés depuis l’été dernier, selon un communiqué publié cette semaine par l’association France Conso Banque. Le président de l’association, Michel Guillaud, a estimé que les fermetures étaient qualifiées d’abusives : “De notre point de vue, donner aux banques la possibilité de fermer des comptes courants ou de dépôt sans motif est une prérogative tout à fait exorbitante”, estime-t-il. Voici plusieurs éclairages sur la situation.

ING Direct avait annoncé la fin de ses activités en France

Cette semaine, ING France a déclenché la polémique en fermant plus de 300 000 comptes bancaires jugés “non rentables”. En décembre dernier, la banque en ligne avait prévenu qu’elle arrêterait ses opérations en France. Cette dernière a depuis restructuré son entreprise en vue d’une éventuelle vente à une autre agence, mais ne semble pas se soucier beaucoup de ses clients.

Ainsi, au total, plus d’1 million de clients ING devront se trouver une nouvelle banque, soit par contrainte, soit de gré à gré. Bousorama Banquefait figure de favori pour accueillir ces clients : son offre est plus complète, moins chère et plus efficace qu’ING.

Globalement, la banque en ligne fait 3 fois la taille d’ING et 6 fois la taille de son deuxième concurrent, Hello bank ! Pour attirer les clients ING qui se sentent abandonnés, Boursorama Banque propose des bonus d’inscription (renforcés) tout au long du week-end. Les nouveaux clients de l’établissement bancaire recevront un bonus d’environ 130 euros pour l’ouverture d’un compte.

Selon l’établissement bancaire ING, les clients en question détiennent un livret d’épargne orange (LEO) et aucun autre produit en banque. Ce livret d’épargne fiscale a été le premier produit bancaire d’ING lancé en France dans les années 2000. Avec des taux d’intérêt bien supérieurs à ceux pratiqués par les marques traditionnelles, il attirait à l’époque des liquidités pour de nombreux épargnants à la recherche de rendements sur leur épargne.

Depuis, le LEO n’est plus aussi attirant puisqu’il n’a rapporté que 0,01 % depuis le 1er janvier 2021. Le même jour, ING a également introduit un plafond de 100 000 € sous peine de frais supplémentaires. En cause, la situation monétaire. “La Banque centrale européenne (BCE) impose des taux d’intérêt négatifs : -0,5 % sur les dépôts bancaires pour les banques de la zone euro”, a indiqué ING à l’AFP. “En d’autres termes, elles doivent payer pour économiser.”

Au moins 300 000 clients sont toujours concernés par ces fermetures unilatérales, selon les dernières estimations de l’association des usagers des banques France Conso Banque. Seraient concernées également, les Livrets A, un produit réglementé, ce que la banque n’a pas confirmé.

Le ménage avant un éventuel rachat ?

Autre hypothèse avancée par France Conso Banque, ING s’apprête à vendre son portefeuille de clients français. La Société Générale et le Crédit Mutuel sont en concurrence. Mais pour tirer meilleur parti de la vente, ING veut assainir son portefeuille client en le vidant de ses petits comptes inactifs, et donc très peu rentable pour les futurs acquéreurs.

Tout cela est légal. L’établissement bancaire a le droit de fermer unilatéralement le compte du client. Mais elle doit respecter le délai de préavis qui est de deux mois. Il semblerait que dans cette affaire le délai ne soit pas respecté.

En somme, certains clients français d’ING en colère ont formé un collectif de défense et ont porté l’affaire devant les tribunaux affirmant que la banque n’avait pas respecté un préavis obligatoire avant la fermeture de l’ensemble des comptes.

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