Les principales banques françaises font mieux que prévu au premier trimestre

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Les trois principales banques françaises cotées ont résisté à la crise au premier trimestre. BNP Paribas et Société Générale se distinguent par une dynamique de chiffre d’affaires et de profit supérieure aux attentes des analystes. L’impact de la crise ukrainienne est désormais contenu, mais le Crédit Agricole a tout de même dépensé 600 millions d’euros de provisions. Quant à Société Générale, la facture de cession de sa filiale russe sera remise au deuxième trimestre.

Société Générale en bonne forme au premier trimestre

En trois mois, le schéma mondial a subi des changements bouleversants. À un rythme rarement vu dans le passé. Une guerre de conquête territoriale a éclaté en Europe, les banques centrales rattrapent dorénavant l’inflation et les perspectives de croissance se sont fortement assombries.

C’est dans ce contexte particulier que les résultats du premier trimestre des grandes banques françaises cotées peuvent offrir de précieux enseignements. Les banques sont en effet le reflet de la vie économique. Étonnamment d’abord, BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole ont délivré des résultats très solides.

Société Générale a entamé 2022 avec des bénéfices supérieurs aux attentes malgré les incertitudes liées à la guerre en Ukraine. La banque française a annoncé jeudi un bénéfice net de 842 millions d’euros au premier trimestre, contre 814 millions d’euros un an plus tôt. Les analystes tablaient en moyenne sur un bénéfice net trimestriel de 337 millions d’euros, selon un consensus Factset.

Le mois dernier, Société Générale a informé l’arrêt de ses opérations bancaires et d’assurance en Russie et avait conclu un accord pour vendre sa participation dans la banque russe Rosbank et sa filiale d’assurance russe à Interros Capital. Le fonds d’investissement, ancien actionnaire de Rosbank et propriété de l’oligarque Vladimir Potanine, aurait des liens étroits avec Vladimir Poutine et fait l’objet de sanctions de la part du Canada et de l’Australie.

Le bénéfice net sous-jacent a augmenté de 21,3% à 1,57 milliard d’euros au premier trimestre. “Le premier trimestre a confirmé la robustesse et la résilience de notre modèle économique, la performance continue de l’ensemble de nos métiers, l’amélioration du levier opérationnel et un coût du risque maîtrisable dans un environnement plus incertain”, a commenté Frédéric Oudéa, cité dans le communiqué de presse.

Le produit net bancaire (PNB), équivalent au chiffre d’affaires, progresse de 16,6% au dernier trimestre à 7,2 milliards d’euros, tiré par l’ensemble des métiers. Les analystes tablaient en moyenne sur un PNB de 6,23 milliards d’euros, selon le consensus FactSet.

Plus compliqué pour le Crédit Agricole

En revanche, la structure cotée du groupe mutualiste CASA, pourtant connue pour la régularité de ses résultats, a déçu. Les revenus sont certes bons (+8$ sur un an) à près de 6Md€, mais pas aussi dynamiques que les deux autres banques françaises.

De plus, le coefficient d’exploitation du groupe se dégrade et reste en dessous du seuil de 60 %. Le Crédit Agricole a annoncé jeudi que le bénéfice net du premier trimestre avait chuté de 24,1%, car il avait mis de côté près de 600 millions d’euros en raison de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Selon le communiqué de presse, le bénéfice net était de 1,33 milliard d’euros. Philippe Brassac, PDG du Crédit Agricole (Casa), a commenté lors d’une conférence de presse : “D’un point de vue financier, le groupe a opté pour un provisionnement prudent, même si les risques avérés restent élevés”.

Bref, les banques se portent mieux que jamais, mais la détérioration de l’environnement s’est particulièrement accélérée depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février. Les banques ont su profiter de deux mois, certes volatils sur le marché, mais dans la continuité dynamique de 2021, il s’agit d’une année record pour le secteur.

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