Quelques jours Ă peine après avoir louĂ© un appartement en plein Paris, le jeune homme a sous-louĂ© l’appartement. Aujourd’hui, la justice le condamne Ă une amende de plus de 200 000 euros.
198 000€ de gains
Nos confrères du Figaro ont obtenu l’accès Ă un jugement d’un tribunal de Paris condamnant un locataire à … 221 000 euros d’amende. L’homme est accusĂ© d’avoir sous-louĂ© son appartement de 30 mètres carrĂ©s dans le centre de Paris sans l’accord du propriĂ©taire. Pour ne rien arranger, il semblait avoir calculĂ© son coup dès le dĂ©part. Car selon les informations divulguĂ©es, en 2016, le prĂ©venu a sous-louĂ© son appartement moins d’une semaine après l’avoir mis en location.
Tout a commencĂ© en dĂ©cembre 2016, lorsque les propriĂ©taires, dans la cinquantaine, ont louĂ© une rĂ©sidence secondaire meublĂ©e, Ă un homme un peu plus âgĂ©. Pour l’instant, rien d’anormal. Ă€ peine une semaine plus tard, le nouvel occupant sous-loue le studio du quartier Saint-Sulpice entre le 29 dĂ©cembre 2016 et le 21 dĂ©cembre 2020, veille de la remise des clĂ©s.
Ce n’est qu’en juin 2020 que les propriĂ©taires ont pris conscience que leur rĂ©sidence Ă©tait occupĂ©e illĂ©galement. Un huissier s’y est rendu et s’est retrouvĂ© face Ă face avec un homme qui a dĂ©clarĂ© avoir « louĂ© un appartement via Airbnb pendant quelques jours et ne pas connaĂ®tre le locataire », peut-on lire dans le procès-verbal de l’entretien obtenu par Le Figaro.
Les Ă©lĂ©ments que les avocats des propriĂ©taires ont rĂ©cupĂ©rĂ©s vont leur donner des sueurs froides. Airbnb leur fournira des relevĂ©s d’occupation, et la surprise est lĂ : leur appartement a Ă©tĂ© louĂ© 329 fois depuis 2016, pour un total de 1 114 jours, avec un rendement estimĂ© Ă 198 000 €.
« Une vĂ©ritable entreprise commerciale », a lancĂ© l’avocat du plaignant. Par ailleurs, Le Figaro rappelle que l’appartement ayant Ă©tĂ© louĂ© plus de 120 fois, ce qui est interdit dans une ville de plus de 200 000 habitants, le locataire peu scrupuleux se retrouve dans une situation doublement illĂ©gale. La plateforme est, elle aussi, dĂ©signĂ©e comme responsable car elle aurait dĂ» bloquer son compte lorsqu’il a dĂ©passĂ© le nombre de jours autorisĂ©s.
Des facteurs aggravants
Mais un autre facteur aggraverait sa situation. Selon les propriĂ©taires, le sous-locataire ne paie plus de loyer et leur doit 11 370 €. Pour sa dĂ©fense, l’homme a expliquĂ© que le bailleur Ă©tait d’accord avec son intention de sous-louer, mais la Justice lui a rappelĂ© que la loi Ă©tait claire : « Il y a des clauses qui interdisent au locataire de sous-louer les locaux sans l’accord Ă©crit du bailleur ».
Au final, outre les loyers illĂ©galement perçus (198 034,8 €) et le loyer impayĂ© (11 370 €), le locataire a dĂ» rembourser près de 11 500 € de rĂ©parations. En effet, les propriĂ©taires ont constatĂ© qu’en comparant l’Ă©tat des lieux du 20 dĂ©cembre 2016 et du 22 dĂ©cembre 2020, le parquet Ă©tait tachĂ© et dĂ©gradĂ©, ils ont constatĂ© des dĂ©gâts dans la salle de bain et cuisine, des dĂ©gâts sur certains meubles qui Ă©taient très sales (fauteuils et CanapĂ©).
En plus de cela, s’ajoutent les frais de notaire de 1 000 euros.« Le locataire joue Ă l’homme d’affaires sur le dos des propriĂ©taires, qui doit dĂ©sormais tout rembourser », conclut Jonathan BellaĂŻche.
C’est l’occasion de vous rappeler que les locataires de logements sont libres d’en disposer comme ils le souhaitent. Ainsi, par exemple, si le locataire rencontre son âme sĹ“ur pendant le bail, il peut partager le toit avec elle sans le mentionner Ă son propriĂ©taire, qui n’a pas le droit d’inspecter la vie privĂ©e de son locataire. Il n’en est pas de mĂŞme s’il souhaite partager le coĂ»t du logement avec d’autres occupants, ou s’il quitte ce dernier et laisse le logement Ă un sous-locataire qui paiera un loyer.
