Byklep : blanchiment d’argent et financement du terrorisme ?

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byklep psan

L’Autorité des marchés financiers a décidé d’exclure la plateforme Bykep des entreprises validées PSAN. L’entreprise semble être coupable de graves dysfonctionnements. Une telle décision de la part de l’AMF est la première du genre en France.

Une première dans l’histoire de l’AMF

L’Autorité des marchés financiers (AMF) vient de décider de radier un PSAN (Prestataire de Services d’Actif Numérique) après une défaillance critique. La plateforme Bykep (anciennement Keplerk) ne pourra plus exercer ses activités en France.

Enregistrée en 2021, la startup propose des services pour acheter, détenir et revendre des actifs cryptographiques. Ce qui le rend spécial, c’est le développement d’un service qui vous permet d’acheter un coupon chez un buraliste avec de l’argent, puis de le vérifier sur votre compte et de recevoir des bitcoins.

Un moyen de rendre le Bitcoin et les crypto-monnaies accessibles au public. Dans le même temps, l’AMF a radié la plateforme Emmanuel Management, qui elle, a demandé une cessation d’activité.

Par conséquent, il s’agit d’une décision sans précédent dans l’écosystème de la blockchain, et cela nous rappelle que le statut ne doit pas être tenu pour acquis. Bykep a été enregistré le 18 février 2021.

L’AMF a expliqué que le retrait de la liste PSAN est intervenu après qu’une inspection de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a révélé de graves manquements.

L’AMF peut, avec l’accord de l’ACPR ou à l’initiative de celle-ci, annuler l’inscription du PSAN lorsque le prestataire ne respecte plus les obligations liées à l’inscription.

« Les informations collectées par l’ACPR lors des investigations de sa mission de contrôle et transmises à l’AMF démontrent notamment des opérations effectuées au débit de portefeuilles de clients sans leur consentement. Elles montraient également des défaillances sérieuses du dispositif de LCB-FT [ndlr : lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme], plus particulièrement en matière de gestion des dossiers de connaissance de la clientèle. »

Bykep s’est rendu coupable de graves manquements, avait révélé en mai dernier une inspection de l’Autorité des contrôles prudentiels et des solutions (ACPR). L’autorité de contrôle a noté que “le portefeuille du client a été débité sans le consentement du client”.

Les enquêteurs ont également pointé “de graves failles dans le système de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme”. En particulier, ils ont souligné les faiblesses des procédures de connaissance du client de l’entreprise ainsi que les examens commerciaux risqués et les gels d’actifs.

Le statut PSAN : un précieux sésame

Actuellement, l’AMF a enregistré 54 PSAN. Le dernier en date est le géant américain Crypto.com ainsi que 5 autres, dont Société Générale et Trade Republic.

Deux informations sur Keplerk méritent d’être soulignées. D’une part, en septembre 2020, le Parquet national antiterroriste a annoncé le dévoilement d’un réseau de financement du terrorisme qui utilisait la vente de bitcoins par des buralistes pour transférer des fonds sur les comptes de djihadistes.

Parmi les entreprises qui ont proposé un tel système, on trouve notamment Digycode et Keplerk. Quelques mois plus tard, le 9 décembre, suite à la découverte du réseau de financement du terrorisme, le gouvernement a également introduit une ordonnance visant à renforcer la surveillance de l’utilisation des crypto-monnaies pour lutter contre le financement du terrorisme.

Le communiqué de presse de l’AMF a également rapporté que pas moins de 300 000 € avaient été volés sur la plateforme lors d’un piratage le 8 septembre. La Police Financière a demandé à Bykep d’informer au plus vite ses clients, notant que cela pourrait entraîner des poursuites judiciaires.

Actuellement, en Europe, seule la France réglemente les plateformes. Depuis 2019, ces entreprises PSAN doivent être enregistrées auprès de l’AMF. Mais la police boursière se contente de contrôles ciblés sur la bonne réputation des chefs d’entreprise et des grands actionnaires (notamment vérification des identités, casiers judiciaires), de la compétence (attestations sur l’honneur, CV), ainsi que des mécanismes de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. La France a instauré un deuxième niveau de contrôle en prévoyant des agréments plus stricts, mais cette fois facultatifs.

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