Orpéa en danger, l’action fait une chute vertigineuse à la reprise de cotation

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Retraites complémentaires
Retraites complémentaires - ©Jeff Sheldon, CC0 Creative Commons

Le groupe d’Ehpad Orpéa entame une nouvelle procédure amiable avec ses créanciers pour réduire de moitié sa dette et la recapitaliser. Son cours, suspendu depuis lundi, a plongé de 45% à l’ouverture mercredi et a encore baissé de 35% durant la matinée. La Caisse des Dépôts et les nouveaux actionnaires pourraient entrer dans la danse.

L’action Orpéa perd plus de 83% depuis le 1er janvier

La cotation des actions Orpea, suspendue depuis lundi à la demande de l’Autorité des marchés financiers, a connu mercredi une chute vertigineuse. Les actions ont plongé de 45% lors de la reprise des échanges mercredi et ont encore chuté de 35% supplémentaires dans la matinée. Il s’agit de la plus forte baisse de l’indice SBF 120, l’action a chuté de 83 % depuis le 1er janvier.

Au vu des annonces faites par le groupe, c’est une réponse logique. Coulé sous une dette totale de 9,5 milliards d’euros, dont 2,4 milliards doivent être remboursés d’ici décembre prochain, Orpea discutera avec ses prêteurs d’une restructuration de sa dette.

Orpea a fait l’objet cette année d’une médiation amiable qui lui a permis de trouver un accord avec sa banque pour sécuriser son financement. Mais en raison de divers facteurs tels que l’inflation, le groupe pourrait ne plus être en mesure de s’y conformer.

« L’environnement économique fortement inflationniste et les conséquences de la revue stratégique et financière conduisent la société à devoir renégocier sa dette », déclare le groupe dans son communiqué. De nombreux plafonds d’endettement (« covenant ») « risquent de ne pas être respectés en l’état au 31 décembre 2022 », a ajouté Orpea.

Orpea s’attend également à de nouvelles dépréciations d’actifs, estimées entre 2,1 milliards et 2,5 milliards d’euros, selon le communiqué. M. Guillot a insisté sur le fait que la situation d’Orpea était également “sévèrement affectée par la corruption et les manquements éthiques de la direction précédente”.

Orpea est présent dans 23 pays et gère plus de 350 établissements en France. Dans le livre d’investigation Les Fossoyeurs, le groupe est accusé de maltraitance d’habitants, de fraude comptable et de pratiques RH douteuses.

Le ministère de la Justice a ouvert une enquête préliminaire sur les abus institutionnels et la criminalité financière en avril, selon un rapport du gouvernement. Le groupe a déclaré avoir pris des mesures pour changer son approche et prévu de détailler son plan de transformation triennal le 15 novembre.

Manque 1,5 milliards de trésorerie

Le groupe a fait face à une baisse de ses performances financières, la rentabilité du premier semestre étant plombée par des coûts énergétiques et salariaux supplémentaires.

“La tendance baissière de la performance financière des activités observée au premier semestre 2022 se prolonge au second semestre notamment du fait de l’augmentation significative des coûts d’achats du groupe, particulièrement marquée sur l’énergie et les denrées alimentaires”, a indiqué sur ce point la société.

Le montant du capital requis n’a pas été précisé à ce stade, et le groupe prévoit de communiquer sur son plan de transformation le 15 novembre. Or, selon les sources, Orpea a besoin de 1 à 1,5 milliard d’euros de trésorerie supplémentaire.

La Caisse des Dépôts, qui avait entamé les discussions au printemps dernier au début de la première médiation, devrait figurer dans le document, selon des personnes proches du dossier.

« D’autres institutionnels peuvent se manifester. Sans compter des investisseurs qui peuvent vouloir racheter de la dette, et jouer un rôle dans la restructuration, comme dans Vallourec, et entraîner un changement de contrôle », déclare une autre source. « De nombreuses approches ont déjà eu lieu », selon encore une autre.

Reste à connaître la position des deux principaux actionnaires d’Orpea : le CPPIB du Canada et Peugeot Invest, la holding d’investissement de la famille du constructeur automobile. Il n’y a pas de choix pour le groupe Ehpad. Les plans de résolution pour assurer l’allégement de la dette seront difficiles à mettre en œuvre.

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