La récession frappera en France et dans le monde en 2023 selon différents rapports

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récession 2023

L’année 2023 annonce un changement de paradigme en termes économiques, selon les experts de BlackRock et son vice-président Philip Hildebrand. Ils estiment que la combinaison de conditions géopolitiques incertaines et d’une inflation croissante annonce le début d’une nouvelle ère économique internationale.

Les prévisions des institutionnels pour 2023

Natixis Investment Managers (Natixis IM) a annoncé les résultats de son enquête annuelle auprès de 500 investisseurs institutionnels dans le monde (29 pays) gérant collectivement plus de 20 000 milliards de dollars d’actifs.

Interrogés sur leurs prévisions pour 2023, les résultats de leur enquête sont pour la plupart sombres, mais ils ont proposé une approche de portefeuille qui résiste aux corrections du marché.

Les principales conclusions de l’étude indiquent que la plupart des investisseurs institutionnels pensent que l’inflation restera élevée et que la politique de la banque centrale ne pourra pas y faire face sans mesures supplémentaires. Parmi ceux-ci, 85 % s’attendent à une récession en 2023.

Aussi, les obligations devraient bénéficier d’un regain d’intérêt pour la hausse des taux d’intérêt, mais les investisseurs ont exprimé des inquiétudes quant à la liquidité. Si les opinions sur le marché boursier divergent, tous les répondants s’accordent sur les tendances suivantes : l’attractivité du capital-investissement et des actifs privés et la méfiance à l’égard de l’immobilier traditionnel.

Alors que les opportunités sont limitées (entre les marchés émergents affectés par les tensions géopolitiques américano-chinoises et les fluctuations sauvages des marchés des changes), l’environnement pourrait être favorable aux investissements ESG et à une flambée des obligations vertes.

La France n’échappera pas à la récession

Les dernières statistiques françaises sont claires : le déficit commercial a atteint un niveau record de 154,2 milliards d’euros en douze mois, la production industrielle a touché le fond depuis octobre 2009 (hors l’année 2020), les ménages consommateurs s’effondrent…

Au vu de ces contre-performances, le bilan de l’ensemble du quatrième trimestre 2022 s’annonce déjà catastrophique : dans le meilleur des cas, le déficit commercial trimestriel devrait atteindre 45 milliards d’euros, avec une production industrielle en baisse d’environ 2 % et une consommation des ménages en baisse d’environ 1,5 %. Le PIB français devrait reculer d’au moins 0,5 % tout au long du quatrième trimestre 2022.

C’est-à-dire que le PIB français chutera non seulement au quatrième trimestre 2022, mais aussi au premier trimestre 2023, ce qui est la définition exacte d’une récession : deux trimestres consécutifs de baisse de la création de richesse.

Blackrock prédit la fin d’une ère économique

Entouré de l’équipe de direction de l’entreprise, Philippe Hildebrand, vice-président du géant BlackRock, met en garde contre une nouvelle ère économique et un changement radical de paradigme.

« La Grande Modération, la période de quatre décennies d’activité et d’inflation largement stables, est derrière nous. Le nouveau régime de plus grande volatilité macroéconomique et de marché se met en place. Une récession est annoncée. »

La Grande Modération est la période allant des années 1980 à la crise financière de 2008, lorsque la volatilité macroéconomique était à son plus bas niveau et que divers facteurs importants tels que le chômage, la croissance économique ou l’inflation étaient à des niveaux soutenus et stables.

De plus, depuis 2008, comme le souligne Philipp Hildebrand, ces facteurs macroéconomiques sont devenus imprévisibles et l’inflation ne peut plus être masquée. Les événements, dont la guerre entre la Russie et l’Ukraine, ne font qu’alimenter la division internationale.

L’inflation devrait rester au-dessus de l’objectif de la banque centrale, selon les prévisions de BlackRock.

De plus, cette fois-ci, la Réserve fédérale américaine ne pourra pas empêcher la hausse de l’inflation en baissant simplement les taux d’intérêt, comme elle l’a fait jusqu’à présent, selon le géant de la gestion d’actifs.

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