Les rendements des obligations des États européens bondissent après les annonces chinoises

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Le coût des emprunts d’Etat à 10 ans a bondi au-dessus de 3% mardi. Les investisseurs craignent que la réouverture de l’économie chinoise n’entraîne une nouvelle hausse de l’inflation, la réponse des banques centrales risque d’être brutale.

Les obligations des Etats européens bondissent

La fin d’année s’annonce volatile sur les marchés de la dette. Annoncée il y a quelques mois, la fin de l’ère de l’argent pas cher semble arriver dès maintenant en France. Les rendements obligataires français à 10 ans ont dépassé 3% mardi, clôturant à 3,048%. Il s’agit d’un niveau sans précédent depuis la crise de la dette souveraine au printemps 2012.

Paris est venu tester ce chiffre ces derniers mois mais ne l’a jamais dépassé. La première alerte a eu lieu en octobre, mais le taux de référence français est finalement repassé sous ce seuil symbolique avant la clôture. Une mauvaise nouvelle alors que Bercy devra lever un montant record de 270 milliards d’euros sur le marché l’an prochain.

Mais la France n’est pas seule dans ce cas. Comme les bons du Trésor américain, tous les rendements obligataires à 10 ans des pays européens ont augmenté de 10 à 13 points de base.

Le rendement des obligations d’État allemandes à 10 ans était de 2,490 %, le plus haut niveau depuis la mi-2011, et a même franchi la barre des 2,5 % à un moment donné. Le taux obligataire italien à 10 ans a évolué à 4,596 %. Alors que les rendements des obligations italiennes avaient déjà culminé à près de 5 % ces derniers mois, leurs rendements sont en hausse d’environ 100 points de base (1 %) depuis début décembre.

Il y a un an, la France ne payait que 0,12 %. Au cours de cette période, la situation mondiale a subi de grands changements. L’inflation fait son retour dans de nombreux pays, à commencer par l’Europe, tirée par la vigueur de la reprise économique post-COVID-19 et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales causées par la guerre en Ukraine.

Une explication à cette hausse brutale est due au fait qu’il y a peu d’investisseurs sur le marché en cette saison des fêtes, ce qui tend à renforcer les mouvements. Pourtant un autre événement pourrait expliquer cette hausse : la réouverture complète de l’économie chinoise.

La Chine comme élément déclencheur ?

Pékin a en effet décidé de lever les quarantaines pour les voyageurs entrants et de faciliter la gestion des cas de Covid-19, mettant fin à sa politique “zéro Covid” et avant une réouverture rapide de ses frontières.

Les investisseurs craignent que cette décision ne stimule la croissance du géant asiatique et, avec elle, la demande mondiale, alimentant l’inflation.

“C’est une mauvaise nouvelle pour l’inflation” estime Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank, citée par l’AFP, car la reprise économique chinoise devrait entraîner une hausse de la demande et donc “des prix de l’énergie et des matières premières”.

Les banques centrales des grandes économies mondiales seront contraintes de poursuivre leur politique de hausse des taux directeurs si nécessaire. Si cette option peut limiter l’inflation, elle pourrait nuire à la croissance mondiale. Un compromis difficile, car la flambée des prix commence seulement à montrer des signes de ralentissement.

De plus, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a surpris le marché en déclarant lors de sa dernière conférence de presse que leurs attentes concernant les hausses de taux de la BCE n’étaient pas assez élevées.

“Pour ceux qui pensaient que Christine Lagarde allait adoucir son discours face à l’imminence de la récession en zone euro, il faudra se raviser. En effet, il semble que le retard pris par la Banque centrale européenne sur le cycle économique préoccupe beaucoup plus les membres de la BCE que la baisse de la vigueur économique”, soulignait alors John Plassard de Mirabaud.

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