Royaume Uni : l’immobilier se prépare à une crise majeure

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Avec les difficultés budgétaires de la Grande-Bretagne, les taux d’intérêt ont grimpé en flèche. Les ventes de propriétés ont depuis chuté, les prix risquent de chuter dès 2023.

La demande en chute libre

La demande de logements au Royaume-Uni a chuté de 44 % depuis que le mini-budget gouvernemental de l’ancienne première ministre Liz Truss a déclenché des turbulences sur le marché et une flambée des taux d’intérêt.

Les mesures annoncées par le gouvernement Liz Truss ont provoqué une forte volatilité sur les marchés. Ces mesures ont enflammé les marchés alors que des mesures massives de soutien des prix de l’énergie étaient combinées à des réductions d’impôts radicales (non quantifiées ou financées).

«La demande d’acheteurs potentiels a chuté de 44% depuis le mini-budget, et les ventes de 28%, revenant à leur niveau prépandémie», note le site de petites annonces immobilières Zoopla dans une étude publiée lundi.

Le taux d’emprunt à long terme du gouvernement britannique a grimpé au-dessus de 6 %, entraînant une baisse des taux hypothécaires. De plus, la Banque d’Angleterre a continué de resserrer ses taux directeurs début novembre, ce qui a également entraîné une envolée des taux de crédit immobilier.

Le nouveau chancelier, Jeremy Hunt, a abandonné ce plan budgétaire, entraînant une légère baisse des taux d’intérêts. Mais en début d’année prochaine, ils devraient tout de même se situer autour de 5 % entraînant une baisse des prix des biens immobiliers car le marché ne pourra pas faire face longtemps à cette demande trop faible.

Le Royaume-Uni en récession

La croissance d’une année sur l’autre des prix de vente des maisons au Royaume-Uni a ralenti à 7,8 %, la plus faible augmentation en un an, selon les recherches de Zoopla.

Cependant, les difficultés de financement des acheteurs ne devraient pas s’améliorer. Deux millions de ménages ont bénéficié de prêts à taux variable. Trois millions de personnes vont devoir renégocier leurs prêts. Au risque de ne plus pouvoir suivre le rythme imposé.

«Le marché du logement passe d’une situation où la demande et les prix affichent une vigueur non tenable à long terme à un marché plus équilibré, malgré des difficultés de financement pour les acheteurs qui dépendent d’un prêt hypothécaire, et au regard des perspectives économiques pour 2023», commente Zoopla.

Selon Jeremy Hunt et le bureau du budget britannique OBR, les experts du site Web spécialisé, et les experts de l’industrie en général, s’attendent à ce que les prix de la pierre se contractent l’année prochaine, en particulier avec l’économie britannique déjà en récession. La Banque d’Angleterre prédit également une récession dans le pays l’année prochaine, tout comme l’OCDE.

Jérémy Hunt pour contenir la crise

Le budget révisé de l’État britannique pour 2023, dévoilé le 17 novembre, était le premier test majeur pour le chancelier Jeremy Hunt depuis son entrée en fonction il y a un mois. Il est devenu le pompier de service car le dernier budget annoncé le 23 septembre a été un fiasco qui a plongé le Royaume-Uni dans une crise financière qui a emporté son prédécesseur Kwasi Kwatten puis la première ministre nouvellement nommée, Liz Truss, a été rapidement remplacée par Rishi Sunak.

Fidèle à l’image qu’il a donnée à la Grande-Bretagne pendant plus d’une décennie, le chancelier a franchi le pas avec aplomb. Son approche sensée et son retour à une budgétisation stricte dans la plus pure tradition conservatrice face aux plans non financés de l’équipe Truss-Kwarteng ont calmé les marchés financiers, après l’effondrement de la livre et la flambée des taux d’intérêt.

Entre autres, il a réussi à désamorcer les attaques des travaillistes, venus critiquer ses mesures jugées trop brutales, lors d’un interrogatoire à la Chambre des communes.

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