L’AMF devrait se prononcer mardi sur la conformitĆ© de l’OPA de l’Etat sur EDF. Les hedge funds amĆ©ricains ont critiquĆ© le manque de transparence de leurs opĆ©rations, demandant Ć la police boursiĆØre de se donner plus de temps. Quant aux salariĆ©s actionnaires, ils ont saisi le tribunal de commerce pour suspendre l’efficacitĆ© du prĆ©cĆ©dent conseil d’administration d’EDF en faveur de l’offre.
Les salariƩs veulent une meilleure offre
« Dans ce contexte, nous attendons que le collĆØge de l’AMF, qui selon le calendrier indicatif du projet d’offre de l’Etat devait se prononcer demain 8 novembre, suspende sa prise de position, a minima en l’attente de la dĆ©cision du tribunal de commerceĀ Ā», a indiquĆ© l’association.
Tout mettre en Åuvre pour retarder l’OPA (offre publique d’achat) qui permettra Ć l’Etat d’obtenir 100% du capital d’EDF. C’est une tactique poursuivie par les actionnaires salariĆ©s ainsi que par les fonds spĆ©culatifs (principalement aux Ćtats-Unis) qui tentent d’obtenir plus que les 12 euros par action proposĆ©s par l’Ćtat. Il y a urgence puisque l’AMF (AutoritĆ© des marchĆ©s financiers) doit se prononcer sur l’offre mardi.
Deux associations dāactionnaires salariĆ©s, Actionnaires SalariĆ©s et Energie en action, et le FCPE (Fonds commun de placement dāentreprise) investi en actions EDF ont dĆ©posĆ© lundi un recours devant le tribunal de commerce de Paris.
Ils ont demandĆ© un moratoire sur l’impact de l’offre favorable du conseil d’administration du 27 octobre, selon LibĆ©ration, car ils pensaient avoir Ć©tĆ© lĆ©sĆ©s par la clause OPA (offre publique d’achat) imposĆ©e par l’Ćtat.
Des manquements au devoir dāinformations
Ces actionnaires, majoritairement salariĆ©s et ex-salariĆ©s, rĆ©unis sous la banniĆØre du Fonds Commun de Placement d’Entreprise (FCPE) EDF, auquel s’est jointe l’association actionnariale Energie en action, ont contestĆ© les conditions de vĆ©rification du conseil d’administration de l’Ć©lectricien.
Ensemble, ils reprĆ©sentent environ 1,5 % du capital, selon le gĆ©rant d’Ćnergie en actions. Ils ont notamment fait valoir que « le conseil d’administration n’a pas Ć©tĆ© valablement convoquĆ©, dans la mesure où le dĆ©lai statutaire de convocation de sept jours, prĆ©vu par le rĆØglement intĆ©rieur d’EDF, n’a pas Ć©tĆ© respecté ».
Autre argument en leur faveur, Ā« l’ensemble des documents devant permettre aux administrateurs de se prononcer sur le projet n’ont pas Ć©tĆ© transmis aux administrateurs dans des dĆ©lais raisonnables, puisqu’ils ont Ć©tĆ© reƧus le 26 octobre entre 20h et 23h02, soit moins de 12 heures, et pendant la nuit, prĆ©cĆ©dant la rĆ©union du conseil d’administration d’EDF Ā».
Les administrateurs ont Ć©tĆ© amenĆ©s Ć lire « plus de 500 pages de documents portant, entre autres, sur l’analyse technique, financiĆØre et juridiqueĀ Ā» au cours de la nuit, selon des actionnaires qui ont dĆ©noncĆ© « des manquements graves au devoir d’informationĀ Ā».
Le conseil de surveillance du FCPE d’actionnariat salariĆ© EDF a Ć©crit Ć l’AMF pour l’informer du recours et lui demander en l’espĆØce de suspendre l’examen du projet d’offre.
LāEtat veut relancer le programme nuclĆ©aire
Le 3 novembre, des fonds spĆ©culatifs amĆ©ricains dĆ©tenant des centaines de millions d’euros de titres, dont TIG Advisors basĆ© Ć New York, ont demandĆ© au rĆ©gulateur boursier de reporter sa dĆ©cision de conformitĆ© jusqu’Ć ce que l’EDF fournisse des informations suffisantes, ont rapportĆ© Les Echos, notamment Ć l’Ć©gard du contentieux entre l’Ćtat et EDF, qui est liĆ© Ć la mise en place du systĆØme tarifaire rĆ©glementĆ©. Ils ont demandĆ© Ć l’Ćtat 15,80 euros par action, plus que les 12 euros offerts actuellement par l’Ćtat.
Sauf recours, la dĆ©cision de l’AMF est attendue mardi, les offres dĆ©butant jeudi et se terminant le 8 dĆ©cembre. Les actionnaires Ć©tatiques (dĆ©tenant dĆ©jĆ 84% du capital) souhaitent un seuil de 90% Ć la clĆ“ture de l’OPA Ć partir duquel un retrait forcĆ© de la bourse pourra ĆŖtre initiĆ© pour rĆ©cupĆ©rer les titres.
Le 4 octobre, le gouvernement franƧais a officiellement lancĆ© le processus de renationalisation, une opĆ©ration de 9,7 milliards d’euros voulue par le gouvernement qui espĆØre relancer le programme nuclĆ©aire tentaculaire aprĆØs une annĆ©e noire pour le groupe Ć©lectrogĆØne.
