La BCE devrait continuer à augmenter ses taux de manière régulière en 2023

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Banque Centrale Européenne (BCE)
Banque Centrale Européenne (BCE) - ©oberaichwald, CC0 Creative Commons

Un resserrement monétaire plus modeste qu’au cours des derniers mois. La Banque centrale européenne (BCE) a relevé son taux directeur de 0,50 point de pourcentage jeudi 15 décembre. L’institution se dit décidée de continuer à lutter contre l’inflation.

Les hausses vont continuer après celles de la Fed ?

Comme la Fed et la Banque d’Angleterre, la BCE a relevé jeudi son taux directeur de 0,50 point de pourcentage, après deux hausses successives de 0,75 point. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il s’agit d’un assouplissement de la politique monétaire. C’est le message mis en avant par sa présidente, Christine Lagarde.

« Quiconque pense qu’il s’agit d’un pivot pour la BCE se trompe, commente Christine Lagarde. Nous sommes déterminés. Nous ne ralentissons pas. Nous avons plus de chemin à parcourir que la Fed. »

« Les taux d’intérêt doivent encore être augmentés sensiblement à un rythme régulier », précise le conseil de politique monétaire à l’issue de la réunion de jeudi.

Selon elle, la lutte contre l’inflation est loin d’être terminée. L’inflation, soutient-elle, est “encore trop élevée et elle devrait le rester encore longtemps”. Le taux rémunérant les liquidités bancaires non distribuées en crédit remonte à 2% et celui sur les opérations de refinancement à court terme à 2,50%, au plus haut depuis fin 2008, a détaillé la BCE dans un communiqué. La banque européenne “prévoit de continuer à relever” les taux d’intérêts dans les mois à venir.

A l’entendre dire, la BCE est même sur le point de continuer à relever ses taux après la Fed. Lagarde a prévu une autre hausse d’un demi-point de base en février (le taux de dépôt à 2,50 % contre 2 %), puis peut-être une autre et encore une autre.

Le message a été répété pour rassurer les ménages sur le fait que les problèmes liés à l’inflation finiraient par rentrer dans l’ordre. Autrement dit: désamorcer une spirale qui deviendrait incontrôlée.

Elle a précisé qu’à partir de mars, le portefeuille obligataire constitué dans le cadre de son programme d’achat d’actifs APP ces dernières années devrait commencer à se contracter “à un rythme mesurable et prévisible”.

“Cette réduction sera de 15 milliards d’euros par mois en moyenne jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2023, puis son rythme sera ajusté au fil du temps”, ajoute-t-elle.

Un assèchement des liquidités à venir

Les économistes de la BCE ont déjà relevé leurs prévisions. Bien que l’inflation moyenne dans la zone euro ait commencé à se modérer, tombant à 10 % en novembre contre 10,6 % le mois précédent, nous ne pouvons pas crier victoire trop tôt.

L’inflation des prix devrait rebondir en janvier et février même si les données de décembre indiquent une nouvelle décélération, selon les prévisions. L’inflation serait toujours en moyenne de 6,3 % jusqu’en 2023, avant de ralentir considérablement « pour l’ensemble de l’année » à 3,4 % en 2024, puis à 2,3 % en 2025 – toujours au-dessus de l’objectif de 2 %.

La zone euro devrait éviter la récession l’an prochain, mais l’inflation reste obstinément élevée en raison de la guerre en Ukraine et de la crise énergétique, selon de nouvelles prévisions de la Banque centrale européenne.

La croissance du PIB (produit intérieur brut) devrait atteindre 0,5 % en 2023, contre une prévision de septembre de 0,9 %, suivie de 1,9 % en 2024 et de 1,8 % en 2025. L’inflation devrait augmenter à 6,3 % l’année prochaine, contre une précédente prévision de 5,5 %.

Cependant, les risques géopolitiques pourraient aggraver cette situation. Le chômage devrait reprendre à la hausse après avoir atteint des niveaux record, car moins d’emplois devraient être créés.

A partir de mars, la BCE ne réinvestira plus que la moitié de son portefeuille d’obligations arrivant à échéance (15 milliards d’euros par mois). Afin de commencer à réduire son bilan de près de 9 000 milliards d’euros d’actifs accumulés ces dernières années, et sera réajusté à la fin du deuxième trimestre.

Combiné à des hausses de taux, cela devrait assécher la liquidité de l’économie européenne à un moment où sa croissance devrait être négative.

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