La Bourse de Paris vient de terminer son pire trimestre, depuis le premier trimestre de l’annĂ©e 2020, sur fond de guerre en Ukraine, d’inquiĂ©tudes sur le ralentissement de la croissance et la hausse de l’inflation. Jeudi, cependant, les prix du pĂ©trole ont chutĂ© alors que les États-Unis s’apprĂŞtaient Ă libĂ©rer une grande partie de leurs rĂ©serves stratĂ©giques.
Un mois de mars stable pour clôturer un trimestre agité
Indécis le dernier jour du mois calendaire, qui a chuté de 1,21% à 6 659,87 jeudi, le principal indice de la place parisienne a tout de même traversé le mois de mars avec un bilan étonnamment calme. Sur le mois de mars, le CAC 40 est resté quasiment stable, gagnant 0,02 %.
L’indice tricolore est tombĂ© Ă un creux d’un an Ă près de 5 800 le 7 mars après des jours de guerre, avant de rebondir de près de 18 %, effaçant mĂŞme toutes les pertes subies depuis l’invasion russe, comme si les investisseurs mettaient de cĂ´tĂ© les consĂ©quences directes et les rĂ©percussions indirectes des conflits, notamment en matière d’inflation.
L’inflation a frappĂ© indistinctement les États-Unis et l’Europe. Outre-Atlantique, l’indice PCE des dĂ©penses de consommation personnelle, la mesure prĂ©fĂ©rĂ©e pour mesurer l’inflation par la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale, a augmentĂ© de 6,4% en mars par rapport Ă l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, tandis que les donnĂ©es de base hors alimentation et Ă©nergie ont augmentĂ© de 5,4%.
En Espagne, les prix Ă la consommation ont augmentĂ© de 9,8% sur un an en mars, la Belgique de 8,3%, l’Allemagne de 7,3%, la France de 5,1%… Les premières estimations pour l’ensemble de la zone euro seront publiĂ©es vendredi matin, selon des Ă©conomistes interrogĂ©s par Bloomberg L’inflation en mars devrait ĂŞtre proche de 7% Ă 6,7%.
Le pétrole cristallise les tensions
Du cĂ´tĂ© du pĂ©trole, le Brent, la rĂ©fĂ©rence de la mer du Nord, a baissĂ© de 4,8 % Ă 107,40 $, après s’ĂŞtre Ă©changĂ© Ă près de 140 $ le 7 mars. Le WTI amĂ©ricain a chutĂ© de 3,8 % Ă 103,6 $. Washington a confirmĂ© les rumeurs circulant ce jour-lĂ selon lesquelles les États-Unis allaient puiser massivement dans leurs rĂ©serves stratĂ©giques Ă raison de 1 million de barils par jour pendant six mois jusqu’Ă ce qu’ils atteignent environ 180 millions d’unitĂ©s.
« L’ampleur de cette campagne est sans prĂ©cĂ©dent : le monde n’a pas vu un tel dĂ©versement de pĂ©trole par jour depuis longtemps. Cela permettra un approvisionnement historique jusqu’Ă la fin de l’annĂ©e au niveau national », indique le site Internet de la Maison Blanche”.
Le prĂ©sident Biden coordonne cet effort avec ses alliĂ©s et partenaires du monde entier et s’attend Ă ce que d’autres se joignent Ă cet effort pour porter les rĂ©serves totales Ă©puisĂ©es Ă plus d’un million de barils par jour. L’objectif est très Ă©levĂ©, mais simple et clair : lutter contre la flambĂ©e des prix du pĂ©trole et, ce faisant, pour lutter contre l’inflation qui a Ă©clatĂ© avec le dĂ©clenchement du conflit en Ukraine le 24 fĂ©vrier.
La Maison Blanche a dĂ©clarĂ© que le prĂ©sident amĂ©ricain encouragerait Ă©galement la production nationale de minĂ©raux clĂ©s pour les batteries de vĂ©hicules Ă©lectriques et d’autres usages.
Sur le front diplomatique, les marchés sont de plus en plus sceptiques quant aux déclarations de Moscou de limiter ses activités militaires autour de Kiev et de Tchernihiv. « Nous ne faisons confiance à personne, nous ne croyons pas un mot », a déclaré le président Zelensky dans une adresse vidéo à la nation.
A la clĂ´ture hier, le Cac 40 reculait de 1,21% Ă 6 659,87, s’Ă©changeant Ă près de 4 milliards d’euros. Pour le trimestre, il a chutĂ© de 6,89 %, sa pire performance en deux ans.
Peu de choses Ă signaler sur le fleuron tricolore cotĂ© en bourse, avec quelques changements grâce Ă des rapports d’analyse comme Pernod Ricard en hausse de 1,2% grâce Ă Deutsche Bank rehaussant son objectif Ă 273 €, ou Renault en baisse de 3,5%%, l’objectif du mĂŞme bureau est Ă seulement 35 € au lieu de 40 €.
