La Banque de France abaisse ses prévisions de croissance en 2022

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La Banque de France table désormais sur une croissance du PIB de 2,3 % en 2022, contre 2,7 % en mars dernier. La flambée des prix a contraint les Français à se serrer la ceinture, avec un pouvoir d’achat en baisse de -1% cette année. Ce sera la première fois depuis la crise de la dette souveraine européenne en 2013.

La récession ? Pas en 2022

Pas de récession, mais la croissance économique chute fortement à 2,3 % en 2022, l’inflation est plus forte et plus longue que prévu : la Banque de France se montre prudente sur l’économie française alors qu’elle fait face à un « choc ».

En conséquence, la Banque de France a abaissé mardi sa prévision de croissance pour la France à 2,3%, contre une fourchette de 2,8% à 3,4% publiée mi-mars, peu après le déclenchement de la guerre. Cela est surtout dû à la forte hausse des prix de l’énergie.

La prévision est plus faible que les prévisions émises par le Fonds monétaire international à la mi-avril et la Commission européenne à la mi-mai, qui prévoyaient une croissance en France de 2,9 % et 3,1 %, respectivement. L’Insee publiera vendredi ses propres prévisions, alors que le gouvernement doit publier ses nouvelles prévisions lors de la présentation d’un projet de budget révisé, attendu en principe le 6 juillet, même si ce calendrier pourrait être remis en cause par le résultat des législatives.

L’un des principaux facteurs à l’origine de cette baisse est “le niveau actuel d’inflation qui affecte le pouvoir d’achat”. La Banque de France a également relevé sa prévision de hausse des prix, qui devrait atteindre 5,6 % sur l’ensemble de l’année. Après avoir principalement touché l’énergie et l’alimentation, elle touche désormais aussi les services.

La baisse de la croissance attendue est également due à « la détérioration des conditions économiques internationales et à un environnement géopolitique très incertain », selon la Banque de France.

La guerre en Ukraine et les restrictions chinoises : uniques responsables ?

Le rapport a pointé du doigt le rôle de la guerre ukrainienne et des restrictions chinoises, qui ont pesé sur les prix des matières premières et perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Au total, la guerre en Ukraine et ses conséquences pourraient coûter à la France 2 points de PIB et faire grimper l’inflation de 3,5 points de pourcentage entre 2022 et 2024. Si le scénario du pire étudié par la Banque de France se réalisait, la croissance en 2022 pourrait même n’atteindre que 1,5 %, avec une inflation atteignant 6,1 %.

En mai dernier, la guerre en Ukraine et la crise énergétique ont poussé l’indice des prix à la consommation au-dessus de 5 %, un niveau jamais vu en France depuis 37 ans. S

elon le modèle de la Banque de France, l’inflation moyenne pourrait atteindre 5,6 % en 2022 et 3,4 % en 2023, selon l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). Les économistes d’Eurostat et de la BCE utilisent surtout cet indicateur pour les comparaisons internationales.

En confirmant une hausse des taux en juillet, l’Institut de Francfort espère endiguer la flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation, mais le banquier central a peu de marge de manœuvre.

En effet, même si le resserrement de la politique monétaire peut contenir l’inflation, il existe un risque important que l’économie européenne faiblisse si les politiques monétaires et budgétaires dans la zone euro se comportent de manière chaotique.

Les résultats d’une enquête du Département du travail il y a quelques semaines ont montré que les revenus réels des travailleurs (c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation) ont commencé à baisser au premier trimestre dans toutes les catégories professionnelles. Pour rappel, si le SMIC est lié à l’inflation, ce n’est pas le cas des autres salaires en France depuis les années 1980.

De ce fait, de nombreux Français devront continuer à se serrer la ceinture dans les mois à venir. Les salaires réels moyens par habitant ne devraient croître que de 1,8 % d’ici 2022, bien en deçà du taux d’inflation calculé par la banque centrale.

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