Il ne fait aucun doute que l’Union europĂ©enne veut ĂŞtre Ă l’avant-garde des restrictions rĂ©glementaires dans l’espace Bitcoin (BTC) et crypto-monnaie. Mardi, les dĂ©putĂ©s ont prĂ©sentĂ© de nouvelles mesures visant Ă lutter contre le blanchiment d’argent. Concrètement, il s’agit des virements anonymes de plus de 1 000 euros.
Des transactions de 1000€ maximum
Mardi, les dĂ©putĂ©s des commissions des affaires Ă©conomiques et monĂ©taires et des libertĂ©s civiles, de la justice et des affaires intĂ©rieures ont adoptĂ© de nouvelles mesures europĂ©ennes visant Ă lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.Â
Limitation des transactions
Le texte (adoptĂ© par 99 voix contre 8, avec 6 abstentions) contient des dispositions qui concernent l’industrie de la cryptographie.
« Les entités assujetties, telles que les banques, les gestionnaires d’actifs et de crypto-actifs, les agents immobiliers réels et virtuels ou les clubs de football professionnels de haut niveau, seront tenus de vérifier l’identité, la propriété et la structure de contrôle de leurs clients », souligne un communiqué du Parlement européen.
Ainsi, les eurodĂ©putĂ©s de la commission Ă©conomique et les eurodĂ©putĂ©s de la commission « LibertĂ©s civiles » ont votĂ© en faveur de l’interdiction des transactions (y compris en cryptomonnaies) supĂ©rieures Ă 1 000 euros pour lesquelles le client ne peut pas ĂŞtre identifiĂ©.
Fin de l’anonymat
Le dĂ©putĂ© Damien CarĂŞme (Les Verts) a prĂ©cisĂ© que l’interdiction ne s’applique pas aux transactions avec les fournisseurs de portefeuilles rĂ©glementĂ©s. Ces derniers appliquent une vĂ©rification d’identitĂ© complète et dĂ©taillĂ©e (KYC) de l’utilisateur.
Avec ce nouveau dispositif, les députés viennent de détruire le fondement des transactions Bitcoin peer-to-peer. Un concept voulu par Satoshi Nakamoto.
Le blanchiment d’argent : un combat depuis des décennies
Dès 1991, l’Union europĂ©enne s’est attaquĂ©e Ă ce problème en prĂ©cisant les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI) sous la forme de la première directive anti-blanchiment.
MalgrĂ© cette bonne volontĂ© initiale, le cadre europĂ©en de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme est depuis profondĂ©ment dĂ©ficient.
Avec tant de lacunes, le texte soumis au vote aujourd’hui propose d’en combler une partie par deux demandes simples : d’une part, harmoniser la lĂ©gislation au sein de l’Union europĂ©enne (UE) ; et d’autre part renforcer la supervision et la surveillance des secteurs et personnes sujettent au blanchiment.
Dans le cadre des sanctions europĂ©ennes contre les oligarques russes, c’est la garantie de pouvoir identifier et saisir rapidement leurs avoirs
Les transferts limités à 7000 euros en espèces
Les dĂ©putĂ©s veulent fixer des limites de versement allant jusqu’Ă 7 000 euros pour les paiements en espèces et 1 000 euros pour les transferts d’actifs cryptographiques « dont les clients ne sont pas identifiĂ©s », a ajoutĂ© le dĂ©putĂ©.
Concrètement, « tous les achats de biens et services en crypto-monnaies d’une valeur supĂ©rieure Ă 1 000 € Ă partir de portefeuilles non dĂ©positaires seront autorisĂ©s si, et seulement si, le propriĂ©taire ou le bĂ©nĂ©ficiaire du portefeuille peut ĂŞtre identifié », note l’eurodĂ©putĂ©e Aurore Lalucq, qui est en guerre contre le secteur depuis des annĂ©es.

De nouvelles mesures pour les plateformes
Les plateformes d’Ă©change de crypto-monnaies doivent Ă©galement Ă©tablir une procĂ©dure pour identifier et vĂ©rifier les utilisateurs « toutes les transactions effectuĂ©es Ă l’aide de portefeuilles non dĂ©positaires », Ă partir de 0 €, a prĂ©cisĂ© le dĂ©putĂ©.
Les NFTs plus régulés
Le texte propose Ă©galement une rĂ©glementation plus stricte des NFT (jetons non fongibles), qui Ă©taient jusqu’Ă prĂ©sent exclus de la rĂ©glementation europĂ©enne MiCa, relèverait du paquet lĂ©gislatif.
Une nouvelle agence
En consĂ©quence, une nouvelle agence europĂ©enne de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLA) est sur le point d’ĂŞtre créée. Son objectif ? Achever l’argent liquide sous toutes ses formes. Comme l’a rapportĂ© CoinDesk, seuls huit dĂ©putĂ©s ont votĂ© contre.
Fin des libertés de transaction
Nouvelle atteinte Ă la vie privĂ©e et Ă la libertĂ© de transaction, les intermĂ©diaires devront vĂ©rifier et garantir l’identitĂ© des expĂ©diteurs et des destinataires des transactions de crypto-monnaie, en plus de passer par des intermĂ©diaires.
Cependant, il est peu probable que SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale, BNP Paribas, HSBC, Natixis et d’autres banques accusĂ©es de fraude fiscale aient utilisĂ© des crypto-monnaies ou des espèces pour mener Ă bien les « activitĂ©s graves de blanchiment d’argent » pour lesquelles elles viennent d’ĂŞtre perquisitionnĂ©es le 28 mars 2023.
Mais tuer l’industrie naissante du Bitcoin semble clairement plus important que de nettoyer enfin le système bancaire vieillissant et dĂ©fectueux.


Une forme de dictature.
et pendant ce temps lĂ les banquiers de tous les pays du monde continuent Ă tricher avec l’appui de tous nos politiciens vĂ©reux, foutage de gueule….
Ce que je vois , n’est qu’une restriction supplementaire des libertees.
Bonjour
C’est assez bien fait en terme d’ergonomie mais c’est dommage qu’il n’y ait aucun renvoi vers les textes officiels ou des rapports de groupes parlementaires sur le sujet aborder. De la meme maniere, l’analyse de l’objectif de ces nouvelles dispositions de flingage des cryptos ne met pas assez en evidence le lien evident avec la creation de la monnaie numerique europeenne qui sera gĂ©rĂ©e par les BCE
Évidemment que tout cela n’a rien Ă voir avec le blanchiment. Il s’agit de resserrer la nasse fiscale et de contrĂ´ler encore un peu plus les gens