Le géant financier Société Générale propose à ses clients de nouveaux services liés aux cryptomonnaies. L’annonce de la Société Générale via sa filiale SG Forges apparaît comme l’une des démarches les plus ambitieuses d’un acteur traditionnel de la finance centralisée.
Un service de gestion tout en un
La troisième banque française par capitalisation boursière, Société Générale, a obtenu l’autorisation nécessaire pour opérer des services liés aux actifs numériques via sa filiale dédiée Forge. Une nouvelle licence délivrée par l’Autorité des marchés financiers (AMF) lui permet désormais de négocier, vendre et détenir des actifs numériques.
Comme nous vous le révélions dans notre article en septembre dernier, la banque a étendu ses services aux entreprises souhaitant développer une gamme de nouveaux fonds autour des actifs numériques.
Le service a été adopté par Arquant Capital SAS, société de gestion agréée par l’AMF qui propose des solutions d’investissement passif et actif aux clients professionnels et institutionnels.
Avec sa nouvelle offre, la banque offrira aux gestionnaires de fonds une exposition au marché de la cryptographie. Bien entendu, tout cela, dans le respect des lois précises en la matière et des avis des régulateurs, l’AMF est en première ligne.
« En associant l’expertise de la Société Générale aux compétences d’Arquant Capital, nous renforçons la capacité de SGSS (Société Générale Securities & Services) de répondre aux besoins de diversification des sociétés de gestion », déclare David Abitbol, directeur de SGSS.
Concrètement, Société Générale et Forge proposent désormais le service d’ouverture de fonds professionnels dédiés de droit français qui gèrent et investissent activement dans les crypto-monnaies. Actuellement, les produits des fonds sont « basés sur le bitcoin, l’éther et les dérivés », comme l’explique Société Générale dans un communiqué.
Les investisseurs institutionnels comme les particuliers cherchent de plus en plus à s’exposer à la volatilité des marchés et des cryptomonnaies. Nul doute que les banques l’ont bien compris et cherchent la réponse la plus adaptée. Récemment, BNP Paribas s’est associé à la plateforme suisse de conservation d’actifs cryptographiques Metaco.
L’implication de nombreux acteurs institutionnels
La France semble déterminée à devenir le nouveau hub européen de la blockchain comme l’indiquait Bruno Le Maire dans son interview et à concurrencer des pays prestigieux comme la Suisse ou l’Allemagne.
Les efforts français portent leurs fruits si l’on tient compte des nombreuses sociétés de crypto-monnaies qui se sont implantées dans le pays, dont des acteurs majeurs du marché tels que Binance, Crypto.com et Ripple.
La bourse Crypto.com a récemment investi 150 millions d’euros pour soutenir son développement commercial en France, qui comprend l’établissement d’un siège régional à Paris.
Le géant bancaire Société Générale et sa capitalisation boursière de plus de 19 milliards de dollars semblent presque prudents. Pour l’instant, il ne souhaite pas s’exposer directement aux actifs cryptographiques, mais propose à la place à ses clients une solution tout-en-un.
Alors que de nombreuses entreprises ont lancé des projets de crypto-monnaies, il est encore rare de voir des acteurs financiers traditionnels comme les banques le faire. Ainsi, en chiffres, l’implication de Société Générale, troisième banque française, est un signal fort.
L’obtention de l’enregistrement auprès de l’AMF est également une tâche ardue pour les fournisseurs de services d’actifs numériques (DSP), c’est-à-dire les entreprises proposant des services de crypto-monnaie. Les autorités procèdent à des contrôles approfondis pour contrôler « l’intégrité et la compétence des dirigeants », ainsi que le respect de la législation, notamment en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.