La Banque Nationale Suisse accuse une perte provisoire de 132 milliards de francs en 2022

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La banque centrale suisse a été soumise à aux turbulences boursières en raison de son portefeuille de placements important. Ces pertes vont entraîner la suspension des paiements à la Confédération et aux cantons.

Une perte historique

Alors que l’on imagine que les coffres de la Suisse regorge de réserves abondantes, il est difficile de qualifier la perte annoncée par la Banque nationale suisse au titre de 2022. La BNS a enregistré un déficit d’environ 132 milliards de francs suisses (un déficit similaire en euro).

Un record pour l’institution monétaire suisse vieille de 116 ans. La perte dépasse largement les 23 milliards de francs perdus en 2015, ce qui était déjà un record à l’époque.

Une grande partie de ce résultat négatif provient de la perte des réserves de change que la BNS avait accumulées pour empêcher le franc suisse de s’apprécier. Le montant de ces réserves s’est déprécié de 17 % au cours de l’année.

Des plus-values ​​d’environ 400 millions de francs sur ses réserves d’or n’ont pas suffi à compenser ces pertes.

A priori, un tel déficit de banque centrale n’est pas catastrophique : l’institution n’a pas intrinsèquement besoin d’équilibrer ses comptes. Mais cela affecte sa crédibilité en tant qu’autorité monétaire.

Toutefois, cette perte, aussi importante qu’elle soit, n’est pas surprenante. Dans un souci de transparence, la BNS publie chaque trimestre le détail de l’évolution de ses réserves de change. Les résultats publiés sont des estimations préliminaires et les résultats définitifs sont attendus pour le 6 mars.

Pas de dividende pour l’année 2022

Les performances du portefeuille de la Banque Nationale Suisse ont chuté pendant un an alors que les marchés financiers se sont effondrés, les économistes d’UBS estimant la semaine dernière que sa perte annuelle pourrait atteindre 137 milliards de francs suisses.

Plus grave, cette perte signifie que que la BNS ne sera pas en mesure de verser des dividendes à la Confédération et aux cantons suisses, qui se retrouveraient face à des insuffisances budgétaires. En 2021, elle leur avait versé 6 milliards de francs.

La plupart des banques centrales risquent de perdre de l’argent en raison du renversement des conditions monétaires. Pour lutter contre l’inflation, ces institutions ont brutalement relevé le taux d’intérêt directeur auquel elles doivent rembourser les dépôts bancaires. La BNS a relevé son taux directeur à 1% face à une inflation de 3% en Suisse en novembre.

A l’inverse, les actifs qu’elles ont accumulés pendant les périodes de faibles taux d’intérêt ne sont pas rentables.

Avec de mauvaises performances en 2022 et “seulement” 102,5 milliards de francs suisses de réserves de distribution fin 2021, la BNS fera l’impasse sur la distribution de dividendes de 2022 également.

« Cela vaut aussi bien pour le versement d’un dividende aux actionnaires de la BNS que pour la distribution d’un bénéfice à la Confédération et aux cantons », indique l’institution dans son communiqué de presse.

Des conséquences directes pour les Cantons et la Confédération

Cette perte va avoir un impact immédiat sur les finances des Cantons et de la Confédération Suisse. “Cette perte rend impossible toute distribution de dividende pour l’exercice 2022”, indique la BNS dans un communiqué.

La BNS reverse généralement une partie de ses bénéfices aux cantons et à la fédération. L’année dernière, elle leur a reversé 6 milliards de francs.

Pour mener à bien sa politique monétaire, la BNS s’appuie sur un important portefeuille de placements comprenant de l’or, des actions et des obligations.

Depuis sept ans, elle mène une politique monétaire ultra-accommodante visant à lutter contre la surévaluation du franc suisse avec des taux d’intérêt négatifs, complétée par des achats d’actifs en devises.

Mais avec l’inflation, elle a changé de cap en 2022. Elle a relevé les taux d’intérêt et vendu des actifs en devises.

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