Comment réagit le secteur financier français au conflit ukrainien ?

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La Banque suit de près la situation de sa filiale Rosbank. Au fur et à mesure que les sanctions financières contre la Russie se précisent, il devient plus probable que l’entité soit totalement dépréciée, ce qui coûterait au groupe français 2,7 milliards d’euros.

La société générale mal embarquée, mais maîtrise le risque

Pour les banques européennes en Russie, l’ambiance devient plus sérieuse. “Nous parlons aux agences toutes les heures”, a expliqué une source proche de Bercy. En France, la Société Générale, à travers sa filiale Rosbank, est la plus touchée. Dans le pire des cas, le groupe pourrait subir un coup de 2,7 milliards d’euros si les filiales sont entièrement dépréciées, dans le pire des scénarios.

Lundi, la Banque est une nouvelle fois montée au créneau pour faire preuve de calme face à la crise. Elle a déclaré que le groupe “suivait de près la situation à tous les niveaux de l’organisation” et a reconnu que la situation était devenue “de plus en plus complexe”.

Les investisseurs anticipent déjà de fortes difficultés en Russie, l’action Société Générale reculant de près de 11% lundi, et de plus de 22% en un mois. Moins risqué, BNP Paribas a également subi des pertes, en baisse de 7,5% lundi et de 16,6% sur un mois.

Le risque économique de la Société Générale est principalement constitué de la valeur comptable de RosBank. Fin 2021, ce dernier est de 3,2 milliards d’euros, dont il faut déduire 1 milliard d’euros, soit 2,2 milliards d’euros, liés à l’impact du taux de change du rouble. Avec un financement intra-groupe (prêts subprime des sociétés mères aux filiales) de 500 millions d’euros, l’exposition totale atteint 2,7 milliards d’euros.

“Rosbank représente moins de 2% de l’exposition et du résultat net du groupe Société Générale en 2021”, a ajouté l’agence. À titre de comparaison, BNP Paribas a déclaré une exposition nette restante à la Russie et à l’Ukraine d’environ 500 millions d’euros.

Il reste à voir si Société Générale ramènera effectivement la valorisation de RosBank à zéro, ce qui est un cas très extrême. “Je pense qu’ils doivent penser à “write off” tout ou partie des actifs du compte”, a déclaré un banquier d’affaires. “Tous les scénarios sont sur la table pour évaluer notre risque”, a déclaré une source interne.

Les banques françaises dans le même bateau

Les actions des grandes banques françaises ont fortement chuté depuis le début de la guerre en Ukraine. Les marchés financiers des actions des banques françaises ont connu un mauvais début de semaine. Ils étaient encore en forte baisse lundi.

D’autres banques françaises ont également été ébranlées lundi, même si leur exposition à la Russie était plus limitée. Dans ce contexte, le Crédit Agricole reculait de près de 5% à 11,48 euros lundi, en baisse de 10% sur les cinq dernières séances.

De son côté, BNP Paribas a chuté de 8,5% à 52,07 euros, poussant la perte hebdomadaire à près de 15%. Les valeurs bancaires s’étaient redressées ces derniers mois grâce à des bénéfices records et à la perspective d’une hausse des taux d’intérêt due à l’inflation.

De son côté, la BCE s’est déclarée vendredi “prête à prendre toutes les mesures nécessaires pour assumer la responsabilité de garantir la stabilité des prix et la stabilité financière dans la zone euro”. “La BCE veillera au bon fonctionnement des conditions de liquidité et à l’accès des citoyens à la liquidité”, a ajouté la BCE.

Selon l’UE, environ 70 % du secteur bancaire russe est actuellement touché par des sanctions. L’accès aux marchés des capitaux pour la banque centrale russe est également limité, le président de la Commission européenne voulant « paralyser » ses actifs.

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