Le début d’une (vraie) pénurie de logement en France ?

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achat maison

Au cours des deux dernières années, les acheteurs de maisons ont dû s’acharner davantage pour trouver de nouvelles maisons à vendre. Les annonces de biens à vendre sur les grands portails se font rares malgré l’envie de déménager, alimentée par la pandémie.

Une chute de 22% de l’offre en 2 ans

Comme le dit le proverbe, “abondance de biens ne nuit pas”. Or, il s’avère qu’en France on assiste exactement à l’inverse. En effet, et c’est une situation inédite, il y a de moins en moins de biens en stock.

Dans un marché rigide et en pénurie, les maisons se vendent à des vitesses supersoniques et les marges de négociation sont faibles, il n’est pas rare que les agents immobiliers aient du mal à trouver des biens à vendre maintenant. Alors qu’il y a dix acquéreurs (parfois plus) en attente d’un même bien, Seloger a voulu évaluer le taux de pénurie sur le marché immobilier français. Les résultats sont clairs.

D’après les recherches du journal Seloger, la pénurie immobilière est bien réelle, et l’apparition de la crise sanitaire marque un véritable tournant. Sur une période de 2 ans (décembre 2019 à décembre 2021), le volume d’annonces annuel des propriétés à vendre a diminué de 22 %.

“Avant la pandémie, la tendance affichée par l’offre en logements n’était que légèrement baissière. Entre les mois de février 2019 et de février 2020, le recul se limitait ainsi à 2,9%”, contextualise le portail.

Mais depuis lors, le taux de pénurie de l’offre s’est accéléré à un rythme alarmant. En conséquence, le stock de logements a chuté de 13,8% par an, selon la plateforme. “La pénurie immobilière est bien réelle, et l’apparition de la crise sanitaire marque un véritable tournant”, a expliqué SeLoger. L’enquête a également révélé qu’après plus de six mois de restrictions et de couvre-feux, le nombre d’annonces immobilières n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant la pandémie.

Les prix en hausse continue depuis 2 ans

Cependant, la demande de logements explose à mesure que l’offre diminue. Après la première période de confinement, les recherches de maisons à vendre ont ainsi dépassé tous les compteurs sur les sites d’annonces immobilières, notamment autour des grandes villes. Fin 2021, les notaires, en bout de chaîne, ont enregistré près de 1,18 million de transactions immobilières sur l’année. En comparaison, leurs ventes étaient de 1,024 million en 2020 et de 1,067 million en 2019.

Depuis le début de la pandémie, le stock annuel d’appartements a diminué à un rythme moyen de 4% par an, alors que la baisse annuelle du stock de maison a été de 13,8%. Il faut également noter que cet épuisement du stock de logements s’accompagne mécaniquement d’une hausse des prix.

Les ventes explosent tandis que les logements disponibles se font rares. Pour les acheteurs, c’est un effet d’entonnoir : la rareté des logements fait flamber les prix. Résultat, le prix moyen d’un logement a bondi de 12,7% en moyenne depuis le début de la pandémie (soit 6,4% en 1 an), alors que le mètre carré n’a augmenté “que” de 7,2%, selon les données recueillies par SeLoger.

“Comme on le sait, plus c’est rare plus c’est cher. Mais vu l’évolution des prix de l’immobilier, l’expression prend tout son sens”, conclut SeLoger. Mauvaise nouvelle pour les acheteurs, qui peinent également à trouver de nouveaux logements sur le marché. Selon les constructeurs eux-mêmes, si le prix moyen de ces logements a augmenté de 10 % en quatre ans, les prix devraient encore augmenter en raison de facteurs tels que la rareté des terrains à bâtir et les difficultés d’approvisionnement liées à la guerre en Ukraine.

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