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L’endettement outre-manche…

dans Rachat de crédit

Lorsqu’on évoque des considérations d’endettement, puis de rachats de crédits en France, il est bon d’observer la situation de nos proches voisins afin de faire un état des lieux plus précis des réalités financières de l’Hexagone.

Se pencher vers l’Angleterre permet ainsi d’effectuer des comparatifs intéressants…

La Grande-Bretagne semble en effet souffrir aujourd’hui d’un double mal économique : un endettement croissant et désormais excessif de ses ménages dédoublé d’une dégradation de son environnement financier.

Rappelons tout d’abord que la croissance britannique s’est fondée depuis maintenant plusieurs années sur la forte consommation de ses contribuables ainsi que sur l’investissement immobilier alimentant ainsi les opérations de crédit en tout genre. Il convient de souligner que le crédit hypothécaire représente environ 84 % du PIB anglais. L’un des économistes de Natixis, Alexis Garatti, rappelait d’ailleurs que « la consommation des ménages dépend de la bonne santé du marché immobilier, car l’acquisition d’une maison entraîne l’achat de biens d’équipements et l’obtention de nouveaux prêts ». Immobilier et crédits à la consommation sont donc intimement liés et constituent à eux deux le fer de lance de l’économie anglaise.

Lorsqu’un grain de sable vient gripper cette belle machine, le système peut rapidement voler en éclats. Et des grains de sable, il y en a plusieurs : une consommation délirante, la dangerosité de certains produits financiers et un environnement bancaire hautement fragilisé.

La consommation britannique s’effrite désormais en raison de l’endettement record de ses ménages. On suppose que l’Anglais est aujourd’hui endetté à 137 %. La Tribune annonçait le 22 août dernier que « Les dettes des particuliers outre-manche ont encore augmenté de 7.3 % sur un an à fin juin ». Le système consistant à financer les crédits existant en empruntant à nouveau trouve là ses limites. La consommation s’en trouve ralentie ou devient même impossible.

Le phénomène est d’autant plus accentué en période de forte inflation. En début d’année 2008, Mike Gerrard, directeur des faillites personnelles chez Grant Thornton, mettait en avant que « en un an, le plein d’essence a augmenté de 16 %, ce qui signifie que le britannique moyen doit payer 155 livres (210 €uros) de plus par an », étranglant encore un peu plus les ménages déjà surendettés…

Et l’étouffement des ménages britanniques trouve encore d’autres explications : notamment dans l’articulation financière proprement dite de certains produits bancaires. Isabelle Chaperon, correspondante des Echos à Londres, résumait parfaitement le danger latent des prêts hypothécaires proposés aux ménages anglais ces dernières années dans son papier du 24 juin dernier :

« Ce qu’on ne dit pas…., c’est qu’il existe potentiellement une souche britannique du subprime. Car les trois mécanismes à l’origine de la crise aux Etats-Unis jouent aussi outre-manche. D’abord un marché du prêt hypothécaire animé par des courtiers avides de toucher leur commission, indifférents à la qualité des risques et non limités par le taux de l’usure. Ensuite, une tradition de prêts accordés à des taux fixes alléchants, qui se transforment au bout de deux à cinq ans en taux variables, beaucoup plus chers……Quelque 1.5 millions d’acquéreurs ont souscrit en 2006 un emprunt à taux fixe pour deux ans, autour de 3 % d’intérêt qui passent à près de 8 % cette année ».

On suppose ainsi que pour toutes ces raisons le triste record de 100 000 cas de faillite personnelles recensées en 2007 passe à 120 ou 150 000 cette année et pour la première fois, les dettes des particuliers s’élèveront au total à 1 444 milliards de livres pour un PIB de 1 410 milliards : ce qui constitue un non sens économique.

Les conséquences de ces phénomènes sont multiples : les transactions immobilières se ralentissent drastiquement entraînant une chute des valeurs de 0.9 % d’un mois sur l’autre. Les banques ferment le robinet du crédit et face aux risque énormes d’impayés ne se prêtent plus ou à des conditions peu avantageuses. Résultat, certaines banques ne savent plus à quelle sauce elles seront mangées ; rappelons qu’en milieu d’année l’Etat britannique avait volé au secours du monstre bancaire Northern Rock en privatisant d’urgence la marque afin d’éviter une banqueroute totale. Aujourd’hui, des enseignes telles que HBOS, pourtant leader du prêt immobilier ou encore Bradford et Bingley craignent aussi pour leur avenir.

La ficelle est rongée des deux bouts chez nos amis anglais, ménages surendettés, arrêt de la consommation, dégringolade de l’immobilier et frilosité bancaire : tel est le savant dosage d’une crise outre-manche dont personne ne connait encore l’issue…

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