Immobilier chinois : Evergrande ne s’en sort pas

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Evergrande Chine
Evergrande : géant Chinois de l'immobilier - ©mbdaily news, FlickR Creative Commons

Le promoteur immobilier s’était engagé à soumettre un plan de restructuration à ses créanciers d’ici fin juillet. Il a fini par procéder à une brève mise à jour, mentionnant “des progrès positifs”. Les problèmes d’Evergrande sont caractéristiques de la crise immobilière chinoise.

Aucun plan, aucun progrès pour Evergrande

La situation du secteur immobilier chinois ne s’est pas améliorée. La China Index Academy a déclaré que la superficie totale des maisons vendues dans 17 grandes villes en juillet avait chuté de 33,4% par rapport à juin. Le fournisseur de données immobilières de Shanghai a ajouté que les prix des logements étaient stables ou légèrement en baisse.

Evergrande, autrefois le plus grand géant immobilier de Chine, est au bord de la faillite depuis plus d’un an et n’a pas tenu ses promesses. Elle avait jusqu’au 31 juillet pour présenter un plan de restructuration de sa dette de 300 milliards de dollars, dont environ 20 milliards de dollars sont détenus par des investisseurs internationaux.

C’est encore le grand flou pour les créanciers internationaux d’Evergrande. Le géant chinois de l’immobilier a promis de soumettre un “plan préliminaire de restructuration” d’ici fin juillet, mais ses créanciers ont dû accepter une brève mise à jour évoquant une “restructuration préliminaire de principe”.

Le promoteur chinois, submergé par une dette massive estimée à environ 300 milliards de dollars, reste vague sur la manière dont ses créanciers internationaux, qui doivent toucher 20 milliards de dollars, peuvent espérer récupérer une partie de leur mise.

Tout au plus, Evergrande a évoqué l’utilisation de ses actifs hors de Chine, dont une participation dans sa filiale cotée, spécialisée dans la gestion immobilière (Evergrande Property Services) et la production de véhicules électriques (China Evergrande New Energy Vehicle).

Les finances d’Evergrande inquiètent les marchés car l’effondrement du groupe qui comptait autrefois 200 000 employés en Chine aurait des conséquences désastreuses pour l’économie. L’immobilier a longtemps été une force motrice en Chine, où l’achat d’une propriété est souvent une condition préalable au mariage et à l’investissement.

Evergrande avait acheté son siège social 1,6 milliard de dollars

Pour sortir de cette situation difficile, Evergrande a tenté de réduire sa participation dans certaines entreprises et de vendre des actifs ces derniers mois. Le promoteur cherche précisément à se débarrasser de son siège à Hong Kong, un immeuble de 26 étages d’une valeur de plus d’un milliard d’euros.

En 2015, lorsque le groupe a acheté son siège social pour 1,61 milliard de dollars, il s’agissait du plus gros contrat de bureaux à Hong Kong en termes de prix au mètre carré, selon le journal local le South China Morning Post.

Le bâtiment a récemment été vendu au promoteur public chinois Yuexiu pour 1,7 milliard de dollars en octobre dernier, mais l’acheteur s’est retiré en raison des inquiétudes concernant la dette non résolue d’Evergrande.

La mauvaise santé financière d’Evergrande, à son tour, a nui à ses concurrents, les acheteurs devenant de plus en plus réticents à investir dans la pierre, aggravant encore la crise de l’industrie. Certains promoteurs chinois acceptent même les paiements en produits agricoles !

Evergrande a limogé son directeur général et son directeur financier le mois dernier à la suite d’une enquête interne les impliquant. Evergrande enquête sur les raisons pour lesquelles la banque a accidentellement saisi près de 2 milliards d’euros de dépôts bancaires auprès de sa branche de services immobiliers, Evergrande Property Services.

La mauvaise santé financière du groupe pèse sur ses rivaux alors que les acquéreurs sont de plus en plus réticents à investir dans l’immobilier. La faiblesse du marché touche certains promoteurs qui peinent à poursuivre leurs chantiers et, à terme, à livrer des logements vendus avant construction. En représailles, les propriétaires en colère ont refusé de verser des mensualités aux promoteurs, aggravant la crise du secteur.

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