Marie-Anne Barbat-Layani : première femme présidente de l’AMF

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Marie-Anne Barbat-Layani

Proposée il y a trois semaines par l’Elysée, la nomination de Marie-Anne Barbat-Layani à la tête de l’Autorité des marchés financiers (AMF) vient d’être entérinée. En conséquence, elle devient la première femme dirigeante de l’institution.

La première femme présidente de l’AMF

Marie-Anne Barbat-Layani devient la première femme présidente de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Elle succède à Robert Ophèle, parti le 31 juillet suite à un mandat de cinq ans non renouvelable.

Cette nomination, étonnamment peu médiatisée, est très importante pour la place financière de Paris, l’économie française et l’économie européenne. La régulation financière et les institutions chargées de la faire respecter constituent le principal outil d’attraction de l’économie.

Comme le prévoit la Constitution, les commissions des finances du parlement et du Sénat ont approuvé le choix du président Emmanuel Macron annoncé fin septembre.

La nomination du président de l’AMF ne peut prendre effet que si l’addition des votes négatifs dans chaque commission représente moins de trois cinquièmes des suffrages exprimés au sein des deux commissions.

Marie-Anne Barbat-Layani a travaillé principalement dans le secteur public du ministère des Finances, à Matignon en tant que directrice adjointe du cabinet du Premier ministre François Fillon et à Bruxelles en tant que commissaire aux finances de la Mission permanente de la France auprès de l’UE.

Elle a également effectué une partie de sa carrière dans le secteur privé, d’abord en tant que Vice-présidente au Crédit Agricole (FNCA) (2007-2010) puis à la Fédération Bancaire Française de 2014 à 2019 (FBF) Directrice Générale.

Un conflit d’intérêts à venir ?

Ces allers-retours entre les pouvoirs publics et la communauté bancaire ont suscité des interrogations de la part de certains parlementaires sur le risque éventuel de conflit d’intérêts et le maintien de l’indépendance du régulateur.

Cette formalisation intervient dans un contexte de marché caractérisé par une inflation obstinément élevée, une hausse des taux d’intérêt et un ralentissement de la croissance économique.

“Le principal risque lorsque les rendements réels baissent face à une inflation qui augmente c’est qu’il y ait un certain nombre d’acteurs qui aillent vers des produits plus risqués pour chercher des rendements plus élevés”, observait Marie-Anne Barbat-Layani au cours d’un entretien accordé en fin de semaine dernière à l’AFP.

Face à la hausse des prix, les régulateurs doivent travailler avec les régulateurs des secteurs de la banque et de l’assurance pour s’assurer que « les coûts des intermédiaires financiers n’augmentent pas de manière excessive » : « Il n’y a aucune raison pour que leurs coûts augmentent autant que les prix du gaz ».

Préserver l’indépendance de l’agence

La candidate a rappelé que le rôle de la présidente de l’AMF était d’incarner l’agence, d’assurer son pouvoir et sa crédibilité, et d’exercer ses pouvoirs avec des objectifs clairs. Le tout dans une institution collégiale.

L’esprit collégial reviendra à plusieurs reprises dans son discours, répondant notamment à de nombreuses questions sur son risque potentiel de conflit d’intérêts ou de “manifestation de conflit d’intérêts” selon ses termes.

La nouvelle présidente met en avant une carrière principalement dans le domaine public et son expérience de travail avec les régulateurs, et elle aura l’occasion de revenir au cas par cas sur l’importance de la collaboration et de la présence d’un déontologue de l’AMF. Elle se déportera naturellement quand les textes l’imposent et sera «extrêmement vigilante» en fonction des débats du Collège.

La seule réponse claire est que Marie-Anne Barbat-Layani démissionnera de ses fonctions d’administrateur et de représentante de l’État de Dexia et s’exclura pour tout problème bancaire. En revanche, elle estime que le départ du Crédit Agricole en 2010 est suffisant. Mais en cas de doute, elle n’hésitera pas à se déporter.

Aux enjeux traditionnels de protection des déposants, de transparence des marchés et de financement économique s’ajoutent des risques pour l’intégrité des marchés, la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, les données, l’innovation, la finance durable, l’égalité professionnelle et la diversité dans le monde financier, et les plus difficiles d’entre tous, gagner la confiance des épargants et investisseurs, liste Marie-Anne Barbat-Rajani.

Cela nécessite des ressources humaines et des modèles. L’AMF doit également améliorer la performance de ses outils, notamment numériques, et la sécurité juridique de ses actions.

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