Stagflation : ce terme qui fait frémir les investisseurs

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crise stagflation

Entre flambée des prix de l’énergie et des matières premières et une croissance qui manque de vigueur, les derniers indicateurs économiques de l’Insee font craindre depuis vendredi un début de “stagflation”.

La stagflation, une période mauvaise pour la consommation

C’est du jamais vu depuis le milieu des années 1980. Après le premier choc pétrolier en 1973, les pays européens ont connu une inflation élevée, associée à une croissance atone et à une hausse du chômage. C’est le risque pour l’économie européenne : la stagflation.
L’inflation montait déjà en flèche avant la guerre en Ukraine, atteignant 5,8 % dans la zone euro en février.

La France faisait partie des pays les moins touchés, avec un taux de croissance sur un an de 4,1 %. Mais il a continué d’accélérer à 4,8 % sur un an, selon les premières estimations publiées par l’Insee vendredi 29 avril. Dans la zone euro, le chiffre a même atteint 7,5 % ce mois-là, le plus élevé depuis l’introduction de la monnaie unique.

“Cette inflation est essentiellement due à l’augmentation des prix de l’énergie”, a rappelé samedi le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, lors d’une interview à la radio France Inter.

Pour commencer, la hausse des prix des matières premières et des produits agricoles a pris un nouvel élan depuis le début de la guerre en Ukraine, tirée par la reprise économique post-Covid-19. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement chinoises liées à la stratégie “zéro épidémie” de Pékin ont également joué un rôle dans cette accélération.

La consommation des ménages en France a baissé de 1,3%, selon les données de l’INSEE. Résultat : le produit intérieur brut (PIB) a stagné au premier trimestre. Celui de la zone euro n’a augmenté que de 0,2 % et les États-Unis ont même légèrement baissé. La croissance mondiale semble marquer le pas après qu’une reprise post-pandémique florissante a été observée en 2021.

Les prix se sont envolés en Allemagne (+5,5%) et encore plus en Espagne (+7,5%) et en Lituanie (+14%). La Banque centrale européenne a prévenu que la flambée des prix de l’énergie depuis fin février fera encore monter l’inflation, estimant que les prix devraient augmenter en moyenne de 5,1 % en 2022, bien loin de son objectif de 2 %. Elle a commencé à normaliser sa politique monétaire.

Parti pour durer ?

Dans ce paysage économique alliant hausse des prix et croissance atone, le spectre de la « stagflation » a ressurgi en France, avec une stagnation de l’inflation et de l’activité économique. “Si cette action sur les prix est durable, il y a des risques. Nous en sommes peut-être au début”, a déclaré Stéphanie Villers. Pour pouvoir parler de stagflation, il faut que celle-ci dure “au moins quelques trimestres”.

Il est donc trop tôt pour dire que le pays se dirige vers la stagflation qu’il a connue lors des deux chocs pétroliers des années 1970. Selon un rapport publié mardi par la Banque mondiale. Ses experts prédisent que “d’ici la fin de 2024, les prix resteront à un niveau record”. “La guerre d’Ukraine a provoqué un choc majeur sur les marchés des matières premières, modifiant les modèles de commerce, de production et de consommation dans le monde”, ont noté les auteurs du rapport.

Pour les banques centrales, l’équation est loin d’être simple. Pour limiter l’inflation, elles disposent de deux leviers : réduire les achats d’actifs sur le marché ou augmenter les taux d’intérêt. “Le risque avec cette stratégie est qu’il devient plus difficile d’obtenir des prêts, ce qui pourrait réduire la consommation et donc une croissance qui s’annonce déjà mal.

La Banque centrale européenne avait interrompu en mars un programme d’urgence visant à soutenir l’économie pendant la crise induite par le Covid-19 et annoncé l’arrêt des achats nets d’actifs à partir de juillet. Un moyen de contrôler les hausses de prix en attendant des jours meilleurs.

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