Vaccin contre le Covid-19 : Sanofi crée la polémique

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Site de production de Sanofi à Tours - ©Sanofi.fr

Les Américains seront servis « en premier » du vaccin contre le coronavirus, enfin prêt d’ici un ou deux ans d’après le discours de Monsieur Paul Hudson, Directeur Général du célèbre laboratoire pharmaceutique Sanofi. Cette affirmation du chef du laboratoire Sanofi a tout de même choqué le monde entier. Cette situation semble ambigüe et provoque maintes questions. Si ce sont les Français qui ont finalement trouvé l’antidote, pourquoi privilégier les États-Unis ? Mais qu’est-ce qui se dissimule encore derrière cette décision ? Est-ce une politique ou seulement une stratégie économique ? Combien de milliards de dollars sont convenus pour l’appropriation de ce fameux vaccin tant attendu ?

Promesse d’un partenariat destiné à la recherche et développement

L’Élysée prétend que si le vaccin est enfin prêt, il doit impérativement faire l’objet d’une exclusion sur le marché mondial, la France doit être privilégiée puisque le vaccin a été découvert sur le territoire français. Prioriser les États-Unis dans les commandes est incontestablement inadmissible, d’après la secrétaire d’État à l’économie, Agnès Pannier-Runacher :

Pour nous, ce serait inacceptable qu’il y ait un accès privilégié de tel ou tel pays sous un prétexte pécunier.

Apparemment, la décision du DG du groupe pharmaceutique français provient d’une convention de partenariat entre le laboratoire pharmaceutique SANOFI et BARDA, l’autorité pour la recherche et développement avancé dans le domaine biomédical. Suite aux interventions des hautes autorités européennes, il est avéré que les Américains doivent cette priorité par la promesse de versement de plusieurs centaines de millions d’euros. Le pactole ainsi promis aura servi à soutenir toutes les démarches scientifiques quant aux recherches sur l’élaboration du vaccin contre le Covid-19.

Efficacité démontrée par les Américains

Ce jeudi 14 mai, Olivier Bogillot a affirmé sur le plateau de BFM TV que : « L’objectif, c’est que le vaccin soit disponible à la fois aux États-Unis, en France et en Europe de la même manière […] si les Européens travaillent aussi rapidement que les Américains ».
De plus, le patron du groupe pharmaceutique français SANOFI a précisé que :

Les Américains sont efficaces en cette période. Il faut que l’Union Européenne soit aussi efficace, en nous aidant à mettre à disposition très vite ce vaccin.

Le groupe SANOFI semble bel et bien persuadé de la rapidité des États-Unis en termes de soutien d’après les estimations de ses dirigeants. Cela se justifie en effet par l’affirmation de Paul Hudson qui semble être plus que convaincu que l’Amérique « partage le risque » en concluant cette convention de partenariat pour la promotion des recherches et développement avec la BARDA.

Secourir les Américains en premier

La rencontre de Paul Hudson avec les responsables de l’agence Bloomberg lui a fait évoquer des propos relativement insensés comme quoi les États-Unis ont absolument « le droit aux plus grosses précommandes » parce qu’ils « ont investi pour essayer de protéger leur population ». Cette avance sera décalée de quelques jours ou semaines avant les autres commandes. Ensuite, SANOFI a encore ajouté que « la production sur le sol américain sera principalement dédiée aux États-Unis et le reste de ses capacités de production sera alloué à l’Europe, à la France et au reste du monde », de sorte que la prévention soit accessible à tous.

Ce sont ces affirmations qui ont offusqué particulièrement la France puisque le gouvernement américain possède déjà une longueur d’avance à la veille de la mise en circulation du vaccin tant espéré. D’ailleurs, le chef de l’Élysée l’a acclamé haut et fort ce jeudi 14 mai que : « Les efforts déployés ces derniers mois montrent qu’il est nécessaire que ce vaccin soit un bien public mondial, extrait des lois du marché ». Pourtant, le Premier Ministre français a affirmé sur Twitter ce jour même que le président de Sanofi « m’a donné toutes les assurances nécessaires quant à la distribution en France d’un éventuel vaccin Sanofi ».

C’est pour cette raison que le président français exige un face à face en début de semaine avec les managers de Sanofi pour éclaircir cette situation scandaleuse pour la France.

Les partis politiques de France ont leurs mots à dire

La décision du groupe SANOFI ayant complètement bouleversé l’environnement politique français, l’extrême droite et les oppositions de gauche manifestent leurs exaspérations face à la situation. Chacun à son mot à dire avec une idée commune en tête d’une décision scandaleuse jamais prise en France. Le socialiste Olivier Faure remet en cause « les jeux du marché » et prescrit le gouvernement de prendre des mesures rigoureuses pour y remédier, il plébiscite l’État à agir au plus vite en alertant que : « Cette décision est scandaleuse ! Le gouvernement doit agir avec la plus grande fermeté pour empêcher cette décision ».

Ensuite, le parti socialiste rappelle sur l’engagement des Français en annonçant publiquement que :

L’engagement des Français pour développer un champion dans la filière de la santé ne peut pas aboutir à le voir préférer d’autres marchés pour lancer ses vaccins.

Et il réitère après que :

parce que la santé est un bien commun à soustraire aux jeux du marché, aucune entreprise française ne doit pouvoir jouer contre notre propre souveraineté sanitaire sans s’exposer à une nationalisation.

Marine Le Pen a également ses mots à dire sur ce sujet déshonorant la France comme quoi : « Est-ce qu’on pleure sur le patriotisme économique mis en place par les autres ou est-ce que nous aussi on décide d’en faire un peu ? », et précise que le groupe SANOFI « n’est plus une entreprise française ».

Pourtant, comme l’a si bien rappelé Monsieur Olivier Bogillot, « développer un vaccin, ça prend dix ans » mais le laboratoire « essaie d’accélérer toutes les phases. » Même si ce dirigeant de SANOFI espère la disponibilité du vaccin dans 2 ans au maximum, il a été pourtant clair : les scientifiques sont en train d’essayer !

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