Immobilier : les charges de copropriété s’envolent en France !

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logement immeuble ancien

La 10e édition de l’Observatoire des charges de copropriété de la Fnaim du Grand Paris indique que la hausse des prix de l’énergie entraînera notamment une hausse conséquente des charges de copropriété.

Les charges de copro augmentent de 7% en moyenne

Parmi les données qui peuvent inciter ou au contraire dissuader les ménages d’acheter un bien immobilier, les charges de copropriété occupent désormais une place prépondérante.

L’Observatoire créé par la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) est donc un outil précieux pour jauger ce que pourraient représenter ces dépenses.

Dans le calcul de l’investisseur, la quote-part des frais attribuée au propriétaire (l’entièreté des charges dans le cas d’un propriétaire occupant) s’ajoute au remboursement des crédits et taxes foncières. Mieux vaut donc prévoir très attentivement cette dépense dans votre budget avant de vous lancer dans un projet d’achat.

A première vue, les résultats pour 2021 ne sont pas inquiétants. L’indice est de 97,55 en 2021 contre 91,26 en 2020, soit une augmentation de 6,86%. L’observation a porté sur 103 899 lots ou 3 724 immeubles à Paris.

Certes, c’est un bond par rapport à une inflation de seulement 1,6 % en 2021. Néanmoins, la Fnaim a qualifié cette hausse de “légère augmentation”. Car même si le pourcentage semble élevé, “le chiffre est quasiment identique à 2019”, souligne l’observatoire, qui a enregistré la première petite baisse des charges de copropriété en 2019, le rythme de baisse s’est accéléré en 2020.

La hausse des prix de l’énergie en cause

La baisse de la production d’électricité en France due à des problèmes de corrosion ou de maintenance de ses réacteurs nucléaires, couplée à la guerre en Ukraine, durant laquelle la Russie a coupé les robinets de gaz à ses clients européens, a fait grimper les prix de l’énergie.

En 2022, avec l’explosion des prix du gaz et de l’électricité que nous avons connue ces derniers mois, la hausse des charges de copropriétés sera encore pire, notamment pour les appartements chauffés collectivement.

Cependant, nombreux sont les bâtiments qui mettent en œuvre un chauffage collectif commun. En Île-de-France, ils représentent un tiers du parc privé, 20 % à Paris et une moyenne de 32 % en France, détaille Olivier Princivalle, vice-président FNAIM du Grand Paris, dans un entretien au Figaro Immobilier, lundi 21 Novembre.

Les postes de dépenses qui augmentent le plus en 2021 sont le chauffage, l’énergie et les combustibles : 437,88 € par unité en 2021 contre 367,41 € par unité en 2020, soit +19,18 %.

De ce fait, les charges de ces appartements devraient augmenter de manière particulièrement significative, nombre d’entre eux devant renégocier à la hausse leurs contrats de fourniture d’énergie, dont certains l’ont déjà fait. Par conséquent, cette augmentation se reflétera dans les charges du copropriétaire.

En conséquence, ces augmentations réduiront la capacité de certains propriétaires à réaliser des travaux de rénovation dans leur logement, notamment pour se conformer aux nouvelles obligations en matière de DPE pour les locations. Les dispositifs d’aide pour la rénovation énergétique étant déjà peu attrayant pour les propriétaires.

Des hausses qui devraient continuer l’année prochaine

Cette tendance ne devrait donc pas s’inverser cette année. Au contraire même. “Les charges de copropriété augmenteront beaucoup plus d’ici 2022”, avait déjà prédit Olivier Princivalle. Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale Habitat (USH), estime elle aussi que le pire est à venir :

“La moitié des logements sociaux, c’est-à-dire 2,5 millions d’entre eux, est au chauffage collectif. Une partie des occupants sont pour l’instant épargnés par les hausses, grâce à des contrats d’énergie souscrits avant la flambée des prix. Mais la majorité des bailleurs vont devoir renouveler leurs contrats en 2023”, prévient l’ex-ministre du Logement sous François Hollande.

Les professionnels du secteur s’inquiètent de la hausse des charges de copropriété impayées, à laquelle la FNAIM du Grand Paris portera une attention particulière dans le contexte inflationniste actuel.

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